algerie guerre civile

#Algérie. Problème taa alternative politique. Rak fahem ?!

Nous le savons tous que la problématique se résout dans la mobilisation et l’organisation pour sauver le pays et pour défendre donc ses propres intérêts et ceux du peuple dans sa majorité. Rien ne sera possible sans créer le rapport de force à même d’imposer pacifiquement et politiquement le changement tant espéré et tellement nécessaire. La dictature est folle et impossible à réformer. Cela ne sera possible que si le rapport de force le lui impose.

En dehors de ce type de démarche, laisser vide le terrain de la mobilisation et de l’organisation, c’est laisser le régime en place continuer sa fuite suicidaire vers l’inconnu, et ceci dans des conditions qui présagent déjà des pires scénarios. Notre cher pays ne vit pas sur une autre planète et la réalité de la dégénérescence du régime militairo-financier en place ne peut que rattraper tout le monde, et probablement beaucoup plus vite qu’on ne le croit.

Laisser vide la case de l’alternative politique sérieuse à la dictature c’est laisser les aventuriers et leurs commanditaires aller vers les issues violentes et chaotiques, le moment venu.

Remarquons que dans les pays voisins, c’est exactement en ces termes que se sont posées les problématiques du véritable changement politique, et nous connaissons tous les scénarios qui se sont déroulés sous nos yeux concernant la Libye, l’Égypte, le Yémen ou la Syrie. Le cas tunisien aussi est un scénario à observer de près pour en tirer les bonnes leçons à propos de cette sortie de la dictature, ses mécanismes, ses conditions et ses éventuelles difficultés.

Faute d’alternative politique, les issues militaires s’imposent d’elles-mêmes. A méditer par chacun d’entre nous, algériens et algériennes jaloux du devenir de notre pays.

Samir 09/05/2017

Bouteflika est mort ? Vive Bouteflika !

Des rumeurs persistantes annoncent ces jours-ci la mort du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Il faut avouer que le président a déjà montré des signes de maladie grave depuis bientôt  4 ou 5 ans puisque c’est bien pour cette même raison de maladie qu’il n’a plus fait une seule  allocution publique depuis 2012. Faut-Il peut être aussi rappeler qu’il a déjà fait un AVC et des interventions chirurgicales lourdes suite à un cancer, situations officiellement reconnues et assumées depuis déjà plusieurs années. Il a d’ailleurs plusieurs fois été annoncé comme mort par le passé récent,car en réalité Abdelaziz Bouteflika ne pourra pas dans tous les cas défier très longtemps les lois de la nature.

Si les rumeurs actuelles sont confirmées, le président serait donc déjà mort et nous ne pouvons bien sûr dans ce cas là , que nous incliner devant sa mémoire et prier le bon dieu de lui pardonner et de l’accueillir dans son vaste paradis. A dieu nous appartenons et à lui nous retournerons. Nous devons effectivement rester sereins et pleurer sa mort comme nous pleurons la mort de chacun d’entre nous.

Ceci dit, il nous faudra quand même rappeler que la période Bouteflika a été très particulière pour notre pays. Ceci dans le sens où il est resté au poste de président pendant plus de 18 longues années, et il aura laissé derrière lui un pays à bout de souffle sur le plan politique et au bord de la ruine économique et sociale.

Pourtant à son arrivée en 1999, le récit des officiels qui l’avaient alors parachuté au poste de président se voulait rassurant et plein de promesses. Bouteflika s’est vu assigner comme rôle celui du nouveau président qui allait aider l’Algérie à sortir et à dépasser les terribles années 1990s, disaient-ils alors. Et plus de 17 ans plus tard et à mi chemin de la fin de son quatrième mandat présidentiel, aucun problème ni crise politique n’a  été véritablement solutionné. D’abord il y’a le problème fondamental de la légitimité du pouvoir qu’il a lui-même spolié puisque il a systématiquement été « élu » selon la stricte volonté des véritables décideurs et grâce à la fraude habituelle que connaissent les élections dans notre pays, le régime s’est même permis de retoucher la constitution du pays pour faire durer le statut quo et permettre au président la possibilité de faire plusieurs mandats contrairement à l’esprit même de la constitution du pays qui limitait le nombre de mandats à deux.

Ensuite il n’a par ailleurs jamais trouvé les voies et moyens de solder véritablement l’énorme crise humanitaire et politique engendrée par la guerre civile des année 90 et par le coup d’État très sanglant perpétré par les militaires à l’occasion des élections de 1991/92. La fameuse et fumeuse « concorde civile » n’a fait qu’institutionnaliser l’impunité et le non droit là où il fallait rendre justice et dire la vérité pour que le peuple algérien martyrisé dans sa majorité puisse enfin tourner la page et faire la paix et la véritable réconciliation.

On ne peut en effet affirmer que tous ces problèmes fondamentaux ont été solutionnés quand on sait l’état de déliquescence avancéé dans lequel se trouve la scène politique algérienne ainsi que celui dans lequel se trouvent les institutions officielles du pays qui ont fini par disparaître totalement du paysage au profit de pouvoirs occultes qui se sont accaparés les véritables centres de décisions à l’ombre des armes et des blindés d’abord et sous les coups de boutoir de la mafia militaire et financière par la suite.

Au jour d’Aujourd’hui, Et contrairement donc aux promesses de ceux qui ont intronisé Bouteflika comme président de la République algérienne, le pays a continué sa fuite en avant, aggravant ainsi  la problématique de l’illégitimité du pouvoir et celle de son irresponsabilité face aux défis qui sont ceux de toute une nation qui a besoin d’aller de l’avant pour aborder son avenir de manière sereine et apaisée.

Au final durant la période de règne de Bouteille nous avons eu droit à la clochardisation de la vie institutionnelle dans notre pays, sans parler de la corruption des hautes sphères du régime, érigée en système de gouvernance. Comment expliquer sinon, le gâchis qui a concerné les ressources énergétiques du pays qui ont été très importantes pendant la période où les Bouteflika ont occupé la fonction présidentielle ?

Le régime algérien a fonctionné selon la règle de la force et de la fraude électorale depuis l’indépendance du pays en 1962, et la période Bouteflika n’a été que la continuité de ce qui a été fait jusqu’ici. Et avec la disparition de ce dernier, le régime se retrouve encore une fois face à la situation, où il s’agit de trouver l’habituel consensus entre les différentes factions qui le composent pour remplacer l’occupant du siège de président au Palais Al Mouradia et ainsi continuer la fuite en avant consistant à laisser sur le côté de la route le peuple algérien, pourtant seule source de légitimité, sans laquelle aucune solution politique viable pour le pays n’est envisageable.

Samir Belateche
13 Mars 2017

« TRES URGENT » COMMUNIQUE SNAPAP 26 09 2011

Harcèlement et intimidation de la Police à l’encontre de la famille Nacer propriétaire d’un appartement loué au SNAPAP et menace d’assassinat de MALAOUI Rachid, président du SNAPAP.

Dimanche 25 septembre 2011 à 19h40 M. Akroune Belgacem, officier de police des Renseignements Généraux (RG) c’est présenté au domicile des propriétaires du local loué au SNAPAP pour les inviter à mettre un terme au contrat de location et d’expulser le Syndicat de ce local qui est son siège national.

Selon l’officier, les services de police auraient reçu des instructions de la présidence de la République pour mettre fin aux activités de Rachid Malaoui. Toujours selon cet officier de police il se pourrait que Malaoui soit assassiné et que ce cas le local occupé par le SNAPAP soit scellé pour une période de 5 ans et que les propriétaires soient trainés devant les tribunaux.

L’officier de police a déclaré avoir reçu des instructions pour fouiller le siège à la recherche de documents importants. D’après lui M .Malaoui recevrait de l’argent de l’étranger versé sur un compte CPA.

L’agent des RG a proposé à la secrétaire du syndicat de travailler pour la police pour fournir des informations sur les activités tenues au siège national.

Il a proposé au propriétaire d’expulser le SNAPAP tout en lui promettant un nouveau locataire disposé à payer 600 euro par mois et à faire un paiement d’avance sur 5 ans des loyers.

Ces menaces surviennent après la fermeture de la Maison des Syndicat, le cambriolage de la Maison des Syndicats, la tentative de liquidation physique sur Rachid Malaoui, le harcèlement et la maltraitance (coups et, blessures) de femmes syndicalistes.

Le président du SNAPAP R.MALAOUI
La secrétaire générale du SNAPAP N.GHOZLANE

ALGER 26 09 2011

Facebook, miroir magique

Il y a quelques jours Facebook m’a demandé de changer de nom. Non pas que je m’étais choisi un pseudonyme ordurier, incitant à la haine raciale ou usurpant celui du tout-puissant Mark Zuckerberg (le patron, fondateur et principal actionnaire de ce site Internet), voire similaire à une marque déposée. Mais je m’étais inventé un patronyme composé de caractères braille. Les ingénieurs du site californien avaient soudain décidé que cela n’était plus typographiquement correct.

A l’inscription, Facebook avait validé mon existence en vérifiant un code secret envoyé sur mon téléphone. Il avait aussi insisté pour que je lui donne le mot de passe de mon courrier électronique, afin de récupérer mon carnet d’adresses et ainsi faciliter le repérage de mes contacts — mes « amis », dans la terminologie maison.

Policée en permanence par des algorithmes, en vertu de conditions d’utilisation que personne ne lit, la page bleue de Facebook offre un cocon douillet à ses membres, qui peuvent s’y connecter pour discuter sans se voir envahis de messages parasites. Les publicités sont relativement discrètes, et l’on peut à loisir regarder les photos de ses amis, s’amuser ou s’indigner des mêmes informations qu’eux, jouer aux mêmes jeux, suivre les événements de leur existence les plus triviaux comme les plus heureux. Les messages échangés couvrent tout le spectre de la pensée humaine, de l’indispensable « je prends ma douche » à la réflexion pointue sur l’art contemporain, en passant par les faire-part de naissance (1).

Sur Facebook, les interactions sont toujours positives : on peut, en cliquant sur le bouton ad hoc, « aimer » quelque chose, pas le détester ; on est averti quand on gagne un nouvel ami, pas quand il nous quitte. Divers contrôles protègent l’utilisateur : ainsi, le voyageur qui se connecte depuis un endroit inhabituel se voit soumis à un interrogatoire (ludique) à base de photos, afin de prouver son identité. Tout cela ne va pas sans arbitraire. Des pages sensibles — comme celle d’un groupe de soutien au soldat Bradley Manning, accusé d’avoir transmis des informations secrètes sur la guerre d’Irak au site WikiLeaks — sont parfois suspendues sans explication, puis rétablies quelques jours plus tard… Pour limiter certains abus, les membres sont invités à dénoncer d’un clic les messages nuisibles, et le site suspend alors le compte des utilisateurs incriminés. Une brèche dans laquelle se sont engouffrés des activistes de toute sorte, organisant par cette méthode la déconnexion de leurs adversaires politiques (2). Facebook cède aussi parfois à la tentation de la censure, et bloque des liens vers des sites de partage de fichiers ou vers des performances artistiques et politiques — comme Seppukoo.com, qui permet aux internautes… d’effacer leurs données de Facebook.

Ce savant mélange de vie privée et de voyeurisme, ce régime doucereux de transgression modérée et de liberté surveillée a constitué la recette gagnante de M. Zuckerberg. Grâce à cela, il a réussi le tour de force de rassembler cinq cents millions d’inscrits, dont 50 % se connectent chaque jour, pour un total de sept cents milliards de minutes chaque mois. Et deux cents millions de personnes consultent le « réseau social » par téléphone mobile. Parti de rien — ou presque, le prestige de l’université Harvard n’étant pas négligeable dans son démarrage fulgurant en février 2004 —, Facebook est désormais, avec seulement mille sept cents employés, le plus gros site Internet de la planète.

Librement fournies par les internautes, les données personnelles attirent les convoitises. Elles permettent aux agents du marketing de s’offrir un ciblage — par sexe, âge, date d’anniversaire, langue, pays, ville, niveau d’éducation, centres d’intérêt, etc. — bien plus précis que les sondages des médias traditionnels. Avec une audience qui approche celle de la télévision. Le 22 novembre, la marque de luxe Louis Vuitton s’adressait ainsi sans intermédiaire à 1 664 789 internautes. Autant de personnes qui, en cliquant sur un bouton « J’aime », avaient incité leurs amis à en faire autant. Sur la page du maroquinier, les contenus proposés vont des défilés de mode au journal de voyage « au cœur de l’Afrique » du chanteur Bono.

Parmi les pages populaires, celles des marques comme Starbucks, Coca-Cola ou les biscuits Oreo drainent une audience de dix à vingt-cinq millions de personnes. Mais les grandes marques ne sont pas les seules à exploiter ce filon. A leur échelle, l’artisan local, l’auteur modeste et la petite entreprise profitent de ce même système pour se mettre en valeur. Le Monde diplomatique n’y échappe pas : sa page Facebook, ouverte fin 2009 à l’initiative d’une lectrice, rassemble déjà 45 861 membres.

En permettant à chacun de polir sa marque personnelle, Facebook est le miroir magique de notre époque égotiste et publicitaire. L’expérience Facebook procure à l’utilisateur la sensation d’être en permanence en représentation devant cent trente personnes (nombre moyen d’amis) applaudissant chaque geste et chaque bon mot. Plus la projection électronique de notre être reflète la vérité de notre personnalité — ou de notre désir —, plus on se laisse griser par son reflet (3). Ce sentiment conduit chacun à alimenter sa page, de façon parfois compulsive, en publiant ses goûts, son adresse, sa position en temps réel grâce à diverses techniques de géolocalisation, ou la chronique de ses démêlés amoureux.

Mais Facebook ne compte pas s’arrêter là : de site clos, il cherche désormais à s’étendre à l’ensemble de la Toile. Introduit en avril 2010, le bouton « J’aime » est une fonctionnalité d’apparence anodine que chaque webmestre peut intégrer sur son site pour faciliter le buzz ; grâce à cet ingénieux système déjà installé sur un million de sites, l’entreprise se vante de pouvoir pister nominativement les visites sur la Toile de cent cinquante millions de personnes chaque mois, affinant ainsi leur profilage. Pour mieux servir (et cerner) l’internaute, Facebook vient par ailleurs de lancer une messagerie électronique regroupant courriels, SMS et discussion instantanée. En concurrence frontale avec Google, l’autre point de contrôle géant du Net.

Facebook assure que seuls nos amis ont accès à cette masse de textes et d’images qui se déverse continûment dans ses bases de données. Après une enquête du Wall Street Journal révélant que certains des plus gros opérateurs de jeux sur Facebook recelaient les identifiants personnels des joueurs et de leurs amis, la société a décrété en novembre 2010 une « tolérance zéro » pour les courtiers en données, et assure qu’elle « n’a jamais vendu et ne vendra jamais les informations des utilisateurs ».

En 1993, un dessin publié dans le New York Times expliquait que, « sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien ». En 2010, l’anonymat est en passe d’être aboli. « Avec quatorze photos de vous, nous avons la capacité de vous identifier, rappelait le président-directeur général de Google, Eric Schmidt, à la conférence Techonomy, le 4 août 2010. Vous croyez qu’il n’y a pas quatorze photos de vous sur la Toile ? Il y a les photos Facebook. » Un état de fait non seulement irrévocable, mais à ses yeux nécessaire : « Dans un monde de menaces asymétriques, le véritable anonymat est trop dangereux. (…) Il nous faut un service fiable de vérification d’identité — et le meilleur exemple aujourd’hui d’un tel service est Facebook. (…) Les gouvernements finiront par l’exiger. » S’il reste possible de tricher, cela sera à l’avenir plus difficile. Les architectes du monde en ligne et les dirigeants politiques entendent « civiliser » un Internet libre perçu comme une zone de non-droit. S’ils parviennent à le domestiquer, donner son identité réelle sera le prix à payer pour y participer de plein droit. La Toile servait jusqu’ici d’image pour désigner un système décentralisé de réseaux informatiques interconnectés. Nul n’imaginait qu’une araignée frétillante viendrait s’installer en son centre pour épier tous les internautes.

Philippe Rivière.

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(1) Miyase Christensen, « Facebook is watching you », Manière de voir, n° 109, « Internet, révolution culturelle », février-mars 2010.

(2) Cf. Fabrice Epelboin, « Guerre civile sur Facebook », ReadWriteWeb France, 14 mai 2010.

(3) Plus que The Social Network (David Fincher, 2010) — qui reste un excellent film sur Harvard, l’informatique et le pouvoir —, c’est Catfish, un documentaire de Henry Joost et Ariel Schulman, qui capte l’essence de Facebook (DVD à paraître en janvier 2011).

In http://www.monde-diplomatique.fr/2010/12/RIVIERE/19951

Message au Pouvoir d'ALGER Par Fodil Boumala

Nous ne vous demandons pas de changer. Vous n’aviez jamais eu l’intention de le faire et vous ne pouvez plus l’entreprendre.

Dans votre autisme,vous ne tirez d’enseignements ni de l’Histoire ni vous entendez les cris du peuple ni voyez l’évolution du monde et les ruptures à vos portes.

« Qui habet aures audiendi, audiat », Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

L’heure est très grave et l’Algérie est au bord de la dérive.

Vous ne pouvez apporter aucune solution car vous êtes La CRISE.Vous avez lié le destin du pays à votre propre sort.L’Algérie est plus grande que vous et nous toutes et tous.

Un serment,un pays ou un peuple « trahis » se vengent tôt ou tard.

L’Histoire,la biologie et l’esprit des peuples et des Etats ont des lois et logiques que vous ne pouvez contourner.Les doux sofas sur lesquels vous dormez vous brûleront tel un volcan aux éruptions explosives.

Si une seule fibre patriotique vit encore en vos âmes et consciences, alors
Vade retro (Arrière ! Arrière, Reculez !).

Si vous croyez pouvoir éternellement imposer votre régime totalitaire et corrompu,sachez que le Peuple Algérien cassera vos chaines et se libérera par lui-même.

Et sachez,par ailleurs, pour paraphraser G. Clemenceau, que « Les dictatures militaires sont comme le supplice du pal : elles commencent bien, mais elles finissent mal ».

F.B

Evénements de Laaâyoune – Enquête de l'AMDH

Association Marocaine des Droits Humains
Bureau Central الجمعية المغربية لحقوق الإنسان
المكتب المركزي

Rabat le 24 -12-2010

Conférence de presse pour la présentation du rapport de la Commission d’enquête de l’Association Marocaine des Droits Humains sur les événements de Laâyoune du 8 novembre 2010

Déclaration de presse

Mesdames et Messieurs les représentantes et les représentants des instances de presse et des moyens de communication, les organisations des droits humains amies.

Au nom du Bureau central de l’Association Marocaine des Droits Humains, je vous remercie d’avoir répondu à notre invitation par votre présence à cette conférence de presse que nous organisons pour la présentation du rapport de la Commission d’enquête afin d’évaluer à quel point les droits humains ont été respectés par l’Etat lors des événements survenus à Laâyoune le 8 novembre 2010 pendant le démantèlement du camp « Gdim Izik » et ses répercussions.

Suite aux événements survenus à Laâyoune le 08 novembre 2010, l’Association Marocaines des Droits Humains a constitué une commission d’enquête composée de membres du Bureau central, de la Commission administrative et d’avocats.

Toutes les activités de la Commission d’enquête ont été financées du budget de l’Association. La Commission a œuvré durant 4 jours: du vendredi soir 12 novembre au mardi soir 16 novembre 2010.

La Commission d’enquête a adopté la méthodologie de l’audition et l’entrevue avec les différentes parties concernées. Ainsi, elle a tenu un bon nombre d’entrevues avec des instances gouvernementales, judiciaires et des organismes politiques, syndicaux et associatifs. Elle a, de même, audité des témoignages de citoyennes et de citoyens et a pris connaissance des communiqués officiels et de nombreux écrits dans la presse sur le sujet. Elle a, en outre, organisé des visites illustrées par des photos du théâtre des événements de Laâyoune selon les disponibilités et les possibilités.

Ce rapport, que nous présentons aujourd’hui à l’opinion publique, se base quant à sa description des violations des droits humains, sur les décisions du système des droits humains et des instruments internationaux dont la sauvegarde et le respect est du ressort de l’Etat.

I. Le contexte général des événements:

Durant les derniers mois, la région a connu de nombreuses protestations de la population revendiquant ses droits économiques et sociaux. Les promesses des responsables aux protestataires n’ont pas été tenues. L’atmosphère générale, ayant amené le mouvement revendicatif a organisé un sit-in dans le camp Gdim Izik, était caractérisée par la pression due à la restriction des libertés, la répression des protestations et la détérioration des conditions économiques et sociales. En outre, plusieurs indices affirment que les revendications des manifestants du camp étaient purement sociales et concernaient principalement le logement et l’emploi. Tous les témoignages et communiqués dont ceux de la presse officielle confirment cette thèse. Et comme le reflète les rapports de nombreuses organisations, la région connaît toujours de nombreuses violations des droits humains en dépit de leur baisse notable connue depuis le cessez-le-feu à cause de la poursuite du conflit au Sahara ce qui contribue à la dérive de tout mouvement social pour un prendre un caractère politique comme c’était le cas à la suite du démantèlement du camp à Laâyoune.

II. Les événements et les faits:

Le rapport de la Commission d’enquête renferme une partie qui concerne l’organisation du camp, les rapports reliant le Comité de dialogue et les protestataires dans le camp, le déroulement des événements ayant eu lieu le 8 novembre selon les déclarations de témoins et des représentants des organismes rencontrés par la Commission en plus des communiqués officiels et des différents rapports sur les événements. Nous en tirons ce qui suit :

1) Le campement

§ L’installation du camp et le dialogue avec les autorités:
– Le camp constituait un mécanisme de protestation pour des revendications à caractère social,
– La bonne organisation du camp, le respect et l’appréciation dont jouissaient les membres du Comité du dialogue parmi les résidents du camp étaient louables.
– Le nombre des résidents du camp était instable. Il variait entre 8000 et 20000 personnes. La plupart des familles résidentes au camp ont continué à vivre normalement en ville durant la semaine (le travail, la scolarité et les divers besoins) et ne laissaient qu’une personne ou deux dans la tente qu’elles rejoignaient en fin de semaine.
– Le dialogue a été ouvert avec l’administration centrale après le refus des protestataires de négocier avec le Wali qui n’avait pas honoré ses promesses selon les déclarations des concernés.
– Le dialogue s’est achevé par un accord en vertu duquel les autorités ont commencé à enregistrer sur place les personnes à besoins spécifiques, les veuves, les divorcées et à déterminer leurs besoins; l’enregistrement des autres catégories devrait avoir lieu ultérieurement.
– Les vendredi et samedi 4 et 5 novembre 2010, des tentes ont été implantées et l’enregistrement des catégories suscitées a débuté sachant que la suite de l’application de l’accord continuerait en principe durant la matinée du lundi 8 novembre 2010.
– La nouvelle s’est propagée concernant l’accord conclu entre le Comité de dialogue et les autorités. En vertu de cet accord, des tentes seraient implantées par les autorités pour enregistrer les personnes lésées et déterminer leurs besoins.
– La tentative d’un bon nombre de citoyens de rejoindre le camp suite à cette nouvelle.
– De nombreux témoignages déclarent ne pas comprendre la volte-face brusque de la position des autorités qui ont annoncé l’échec du dialogue, la séquestration des femmes et des enfants dans le camp et qui ont qualifié les négociateurs d’assassins.
– L’encerclement du camp, le renforcement des barrières sécuritaires, l’interdiction aux voitures de rejoindre le camp et les altercations entre les personnes désireuses de rejoindre le camp et les forces publiques qui ont battu des femmes.

§ Le démantèlement du camp :

– Toutes les données recueillies par la Commission conduisent à penser que l’offensive déclenchée contre le camp a eu lieu à 6 heures et demi du matin et que les résidents n’ont pas eu le temps suffisants pour comprendre ce qui se passe et de se préparer à quitter les lieux vu l’espace de temps réduit séparant l’annonce officielle de la décision d’évacuer le camp et l’intervention des forces publiques.
– Pour l’évacuation du camp les forces publiques ont utilisées des bombes lacrymogènes, des tuyaux d’eaux chaudes et le lancement de pierres. D’autres témoignages ont évoqué l’utilisation de balles en caoutchouc.
– Selon certains témoignages « les sons des hélicoptères et des camions couvraient ceux des hauts parleurs; les camions ont pris d’assaut le camp et ont écrasé les tentes. En ces moments, la panique a été semée au sein du camp et les gens couraient dans tous les sens alors que les matraques pleuvaient sur les corps, les bombes lacrymogènes tombaient et les propos obscènes fusaient ».
– Il s’est avéré, selon les données recueillies, que les forces auxiliaires étaient dans l’incapacité de s’opposer à la riposte de certains protestataires qui était si forte faisant usage d’armes blanches, de cocktails Molotov et de butanes. Cette riposte a entrainé des victimes parmi les forces auxiliaires; certaines victimes sont tombées dans le camp et d’autres après leur transfert à l’hôpital. Selon les déclarations officielles le nombre de victimes s’élève à 11 cas.

1) Les événements de la ville de Laâyoune:

Les habitants se sont réveillés le lundi matin en apprenant que le camp est attaqué et que les forces publiques ont « brûlé et démantelé le camp avec leurs familles dedans » ce qui a fait régner une atmosphère d’épouvante, de réprobation et de colère parmi les habitants de la ville qui ont organisé des marches et des manifestations tumultueuses dans différents quartiers: Hay Skikima, Ras al-Khayma, Colomina Nueba, Hay Maâta allah…

Toutes les déclarations et les témoignages recueillis par la Commission s’accordent sur le fait que les événements que Laâyoune a connus se sont déroulés en deux temps:

§ Le matin :

– Selon un témoignage « l’attaque contre Laâyoune a été commise par des personnes organisées à bord de voitures à quatre roues motrices appartenant en partie aux trafiquants de la drogue et qui ont utilisé dans leurs opérations les cocktails Molotov et les butanes, le lancement de pierres et ont installé des barricades et brûlé des pneus. »En plus « la méthode adoptée lors de l’attaque confirme que les assaillants sont préalablement entrainés et organisés ce qui s’avère de par la nature de leurs déplacements qui se font en groupes organisés ayant fixé d’avance leurs cibles et exécuté leurs opérations moyennant des voitures à quatre roues motrices ».

– Selon les constations de la Commission basées sur l’observation ou les déclarations des responsables et des témoins, ce sont les établissements publics et privés qui ont été visés ; ceci est mentionné en détail dans le rapport de la Commission.
– Un bon nombre de témoins ont confirmé à la Commission que les établissements, les immeubles et les propriétés visés ont été déterminés d’une façon sélective et délibérée et non pas aveuglément.
– Les témoignages ont déclaré à l’unanimité que l’attention de tout le monde a été attirée par le vide sécuritaire qui a régné dans la ville ce matin.
– Des déclarations concordantes ont évoqué que dans de nombreux quartiers les « Sahraouis » (c’est-à-dire le groupe qui a mis les feux) se sont retirés du terrain rapidement et de façon organisée à midi.

§ Le soir:

– La plupart des déclarations ont confirmé qu’après le retrait rapide des « Sahraouis » de l’avenue, à partir de 11 heures et demi, une campagne d’arrestations et de perquisitions ont été menées parmi les habitants sahraouis de Laâyoune avec la participation de jeunes d’origine non saharienne.
– D’autres témoignages ont évoqué que durant l’après-midi a eu lieu une intervention violente des forces publiques composées d’agents de police, des forces auxiliaires appuyées par l’Armée utilisant excessivement les bombes lacrymogènes. Ainsi, la première étape s’est achevée avec la dispersion des manifestants et notamment de l’avenue Boukraâ et de la route de Smara.

De nombreux témoignages ont affirmé que, durant la deuxième étape des événements, ayant eu lieu l’après-midi de la même journée, a été caractérisée par des manifestations de jeunes protégés par les forces publiques brandissant les drapeaux du Maroc, scandant des slogans saluant la vie du Roi et attaquant les devantures de locaux commerciaux, les voitures et les biens qu’ils considèrent appartenant aux Sahraouis.

Des déclarations de nombreuses victimes et de témoins ont affirmé que les forces auxiliaires et les agents de police ont embrigadé de jeunes civils pour perquisitionner et piller les biens tout en recherchant les suspects.
De nombreuses victimes ont affirmé à la Commission qu’elles ont été attaquées par les forces publiques soutenues par des jeunes embrigadés du « Nord » (appellation pour désigner les habitants d’origine non saharienne) et qu’elles ont été pillées chez elles comme dans leurs commerces.

Parmi ces victimes, certaines ont déposé des plaintes près du Procureur du Roi demandant l’équité et la réparation. La Commission a appris que les perquisitions ont duré des jours suivant les événements et que les arrestations n’ont pas cessé.

III- Violations constatées par la commission

La commission a enregistré de nombreuses violations des droits humains pendant et après les événements. Les plus importantes sont les suivantes :

1-La violation du droits à la vie 

L’intervention de la force publique et l’usage de la force, pour le démantèlement du camp de Akdim Izik, les affrontements qui ont suivi, ainsi que les réactions violentes, de certains protestataires du sitting au camp et de manifestants dans la ville de Layoune, aussi bien le matin que dans l’après-midi, ont entrainé le décès de treize ( 13)de personnes, dont onze (11) dans les rangs des forces publiques et deux (2) civils. Par ailleurs, la mort de l’enfant Najem El Ghareh le 24 octobre 2010, survenue avant le démantèlement du camp, fait suite aux tirs des armes à feu par les forces de sécurité, qui étaient stationnées autour du camp, sur la voiture qui le transportait.

Le rapport contient la liste des noms des membres des forces publiques et des deux civils, El Karkar et Daoudi, décédés. D’ailleurs, ce sont les mêmes noms fournis par les communiqués officiels.

L’Association Marocaine des Droits Humains, tout en condamnant les actes de violence qui ont fait onze (11) victimes parmi les membres de la force publique et deux civils, selon les déclarations officielles; et ce en partant de son attachement à la défense permanente du Droit à la Vie; dénonce tous les actes ayant fait des victimes aussi bien les membres des forces publiques que les civils. L’AMDH condamne également les actes montrés par la vidéo, diffusée par la télévision marocaine, représentant la mutilation des cadavres et l’atteinte de leur inviolabilité (cadavre égorgé et le fait d’uriner sur un cadavre). Elle appelle à diligenter une enquête intègre et neutre pour établir toutes les responsabilités, directes et indirectes, de ces décès et à prendre les mesures nécessaires dans le cadre du respect des dispositions des conventions internationales des droits humains ainsi que la publication des résultats de l’enquête sur le décès de l’enfant Najem El Ghareh.

2-Détention, enlèvement, torture, traitemements cruels, inhumains et dégradants

Au cours de ses travaux à Laâyoune, la commission a reçu les familles des protestataires du sit-in au camp de Akdim Izik, et qui n’ont donné aucun signe de vie, cinq jours après le démantèlement du camp. Certaines familles ont affirmé que leurs proches ont été arrêtés par les autorités publiques.

Un groupe de personnes ont été détenues à l’occasion de la dispersion du sit-in, ou à la suite des événements de Laayoune. Ils ont été maintenus en garde à vue, au-delà du délai légal. Parmi ces personnes figure l’enfant Naji Ahmed, arrêté le lundi 8 novembre à huit heures du matin et relâché le vendredi 12 novembre, et qui n’est qu’un exemple du non respect du délai légal de la garde à vue.

-Détention arbitraires et aléatoires :

La campagne des détentions a été aléatoire, car elle a touché des citoyens qui ont déclaré n’avoir aucune relation avec le camp.

-Pratique de la torture :

Il apparaît ; à partir des déclarations de quelques citoyens, de détenus libérés, des affirmations de leur défense ou des constations in visu des membres de la commission ; que les détenus ont fait l’objet de différentes formes de torture de traitements inhumains et dégradants : coups, insultes, diffamations, bandage des yeux, interdiction de sommeil, urine sur eux et menaces de viol. L’un des avocats des détenus a déclaré que l’état de santé physique et psychologique des détenus s’est dégradé (certains ne peuvent se mettre debout et d’autres sont pieds nus) ; et ce en violation flagrante des conventions internationales et des lois internes. Le cas de M. Kachbar Ahmed (qui a été libéré) n’est qu’un exemple qui illustre l’ampleur de la torture dont il a fait l’objet, pendant sa détention. Au cours de sa visite, la commission a trouvé M. Kachbar Ahmed sur une chaise roulante, avec des blessures profondes au niveau de la tête et des ecchymoses au niveau du dos et des yeux.

Par ailleurs, les avocats des détenus ont déclaré, au juge d’instruction, que « certains détenus ont déclaré avoir été menacés de viol, et que l’un d’entre eux a été effectivement violé, par l’introduction d’une bouteille d’une boisson gazeuse….. La plupart des détenus ne sont pas chaussés, et les habits de tous sont déchirés du fait de l’intensité de la torture… » L’odeur qu’ils dégageaient ; suite à la détention, à la torture qu’ils ont subi, aux produits infectes et à l’urine qu’on déversé sur certains d’entre eux ; était telle qu’il a été impossible de fermer les fenêtres du bureau de l’instruction.

Le rapport contient une liste, que la commission a reçu, des noms des détenus, y compris les 16 prévenus déférés au tribunal militaire et qui se trouvent à la prison de Salé.

La commission enregistre, qu’après avoir quitté la ville de Layoune, la campagne des arrestations, en relation avec les événements, continuait dans la ville.

Le rapport contient aussi un témoignage, de la section de l’AMDH, au sujet une liste de noms d’un certain nombre de personnes ayant déclaré avoir été détenus le jour des événements et libérés le 26 novembre, après avoir été considérés, par leurs familles, comme disparus. Ils ont également déclaré avoir été victimes de coups de feu tirés par les agents de la police.

3-La violence n’épargne pas les défenseurs des droits humains, les femmes aussi bien que les hommes

Les défenseurs des droits humains, femmes et hommes, n’ont pas échappé à la torture. En effet, la commission d’enquête a constaté, à Layoune, des traces apparentes de coups sur des parties du corps de Salka Layli, activiste de l’Association Sahraoui des Victimes des Violations Graves des Droits Humains Perpétrées par l’État Marocain. La commission a aussi fait le suivi de l’agression dont a été victime Brahim Al Ansari (membre de Human Right Watch au Maroc) par des coups de poing et de pied et des gifles par des agents de la police. De même que le foyer de la défenderesse Ghalia Jimmi (vice-présidente de l’Association Sahraoui des Victimes des Violations Graves des Droits Humains Perpétrées par l’État Marocain) a été envahi par « plus de dix personnes armés de pistolets mitrailleurs, et comment elle a été humiliée et ses enfants terrorisés ».

4-Violations des droits des femmes

La commission a enregistré un cas d’avortement lors du démantèlement du camp, ainsi qu’un cas de viol, de la part des agents de la police. La victime a présenté à la commission un témoignage filmé et a déposé une plainte auprès de l’Organisation qui a envoyé une correspondance, à ce sujet, au ministre de l’intérieur.

5- Violations des droits des enfants

La commission a consigné des témoignages qui illustrent l’exploitation, à outrance, des enfants pour provoquer désordre et troubles. Cette couche de la population a également objet de graves violations de ses droits, et victime de la violence de la part des forces publiques. Il y eu le constat du cas de l’enfant Ahmed Naji, âgé de 13 ans, scolarisé à l’École « Attaawone », qui a été détenu cinq (5) jours et privé de nourriture pendant trois (3) jours. Quant à l’enfant Mohammed Hafd Allah, âgé de 11 ans et son frère Mhamid Hafd Allah, âgé de 6 ans, et qui sont les enfants que montre le film, distribué par le ministère de l’intérieur, alors qu’ils étaient entrain de pleurer, dans les bras d’un agent de police, suit à la blessure de leur père: ces deux enfants ont marché à pied, pendant dix sept (17) heures pour atteindre la ville de Layoune. En outre, les incendies et le saccage que les établissements scolaires ont subi, constituent, également une violation du droit à l’éducation des élèves qui y sont inscrits.

6- Restrictions du droit d’accès à l’information

La commission d’enquête a assisté à l’interdiction faite à Ali Mrabet, journaliste et au représentant de l’organisation Human Right Watch, de monter dans l’avion à destination de Layoune le 12 novembre 2010. Par la suite, la commission a eu connaissance de l’interdiction ou des tracasseries dont ont été victimes certains journalistes ; de même qu’elle a eu des difficultés lors de sa visite du camp.

7- Atteinte et destruction des biens

De nombreux témoignages confirment la destruction et les atteintes aux biens, par les incendies et les sabotages qui ont affecté des établissements publics et privés, administrations publiques, magasins de commerce privés, foyers et mobiliers. Par ailleurs, tout le monde a constaté l’absence, presque totale, des forces de sécurité à Layoune, le matin du lundi 8 novembre.

IV- CONCLUSIONS :

Les conclusions de la commission d’enquête sont les suivantes :

1-L’État assume l’entière responsabilité du déclenchement du mouvement de protestation sociale, à travers l’établissement du camp de Akdim Izik ; et ce du fait des mauvaises politiques de gestion dans la région dans les différents domaines, d’une part ; et de l’échec de son plan de démantèlement du camp à cause des violations des droits humains que cet échec a entrainé, d’autre part.

2-La commission enregistre l’ambigüité au sujet du volte face des autorités. Position qui est passée de la satisfaction des revendications des protestataires à la décision de la dispersion du camp par la force ; en dépit de la satisfaction du camp suite à l’information relative à la réponse favorable aux revendications des protestataires. C’est ce qui exige de diligenter une enquête à ce sujet.

3-Lors du démantèlement du camp, les normes légales n’ont pas été respectées. En effet, les autorités publiques ont adopté l’approche sécuritaire, reposant sur l’usage de la force et de la violence pour disperser les protestataires. En plus des conditions de dispersion du sit-in, en termes d’horaire inadéquat, d’appel à la dispertion et du très court délai accordé aux protestataires pour quitter les lieux.

4-La violence exercée par les forces publiques, la réaction violente de la part de certains protestataires du camp ainsi que des manifestants dans la ville de Layoune, ont donné lieu à de graves violations des droits humains, dont l’atteinte au droit à la vie et à l’intégrité physique. De même qu’elles a entrainé la torture, le viol, la détention arbitraire, les punitions collectives, la destruction de biens publics, la violation des foyers, la spoliation des biens privés, la violence et la terreur à l’encontre des enfants et des personnes âgées….

5-Lors du démantèlement du camp, les autorités publiques n’ont pas tenu compte des catégories sociales vulnérables qui étaient présentes. En effet, elles n’ont pas pris de mesures spéciales pour l’évacuation massive des personnes âgées, des femmes, des enfants et des handicapés.

6-La commission a constaté le recours des autorités publiques à monter des populations contre d’autres, pour donner cours à une punition collective à l’encontre du reste des habitants dans certains quartiers. En effet, ces derniers ont subi des coups et des blessures et ils sont vus imposer à scander des slogans contraires à leurs convictions, les portes de leurs maisons ont été cassées et envahies et leur mobilier a été détruit. Cette nouvelle méthode, consistant à assiéger les personnes convaincus par l’idée de l’auto détermination, ne date pas d’aujourd’hui, car les autorités l’ont mise en œuvre par le passé.

7-La commission d’enquête, à travers de nombreux témoignages et déclarations, a appris que certains détenus, suite aux événements de Layoune, ont fait l’objet d’enlèvement, de dépassement du délai légal de la garde à vue, de la non notification de leur arrestation à leurs familles. Ils ont été torturés, soit dans les commissariats ou lors de leur transfert à la prison de Layoune. Par ailleurs, la justice n’a pas donné suite à la requête de procéder à l’expertise médicale de ces détenus. D’autres détenus (16 selon nos informations) ont été déférés au tribunal militaire, et jusqu’à présent on n’est pas informés es conditions de leurs arrestations. d’une part ; et nous ne savons pas si des arrestations ont eu lieu dans les rangs des participants aux manifestations du soir, impliqués dans les actes d’invasion des foyers, le pillage des biens et les violences à l’encontre de leurs habitants.

8-La connaissance des événements qui ont eu lieu à l’hôpital militaire, constitue un maillon essentiel pour déterminer l’ampleur et les conséquences de la violence exercée à l’encontre des personnes manifestants – aussi dans le camp que dans la ville de Layoune. C’est ce que la commission n’a pas été en mesure de constater du fait qu’elle n’a pas pu avoir accès à l’hôpital. De ce fait, le nombre des décès auquel la commission est parvenue, est celui qui a été annoncé officiellement.

9-Les autorités sécuritaires se sont soustraites à leur responsabilité de protection des biens de l’État et des citoyens, à travers leur absence, presque complète, de la ville de Layoune au cours de la matinée du lundi 8 novembre, et l’incitation au pillage et à la destruction des biens au cours de la soirée.

10- Après avoir terminé son travail de terrain, la commission a reçu un rapport de la section de Layoune. Rapport concernant la réception, par la section, de certains citoyens détenus le jour des évènements et relâchés le 26 novembre. Ces citoyens déclarent avoir reçu des tirs de coups de feu des pistolets d’agents de la police, et qu’ils vont être jugés, en situation de liberté provisoire; et c’est ce qui exige l’ouverture d’une enquête au sujet de ces déclarations, et sur les conditions de l’usage des armes à feu, si la preuve est établie.

V- RECOMMANDATIONS

1. L’ouverture d’une enquête pour déceler toute la vérité et établir les responsabilités des évènements que la région de Layoune a connus ; par la mise en œuvre de la justice et du principe de la non impunité de personnes dont la responsabilité serait établie- dans le cadre d’un procès équitable- aussi bien au sujet des causes directs que des facteurs indirects qui sont à l’origine de ces évènements, les violations des droits humains qu’ils ont entrainées. Et ce pour toutes les étapes et tous les faits, dont :

-La situation sociale qui a donné lieu à l’établissement du camp de Akdim Izik, le 10 octobre 2010, et les promesses précédentes non tenues par les autorités ;
-Le résultat de l’enquête sur les coups de feu ayant entrainé le décès de l’enfant Najem El Ghareh, et la blessure des ses accompagnateurs ;
-Les accusations portées contre le comité de dialogue, après de nombreuses réunions tenues avec lui, et le changement surprenant de l’attitude des autorités à son égard ;
-La décision du choix de l’heure où a eu lieu le démantèlement du camp, à l’aube du 8 novembre 2010, ainsi que le délai entre l’annonce de la décision et l’intervention des forces de l’ordre,
-La responsabilité du plan d’intervention et sa gestion, depuis le choix des membres des forces de l’ordre jusqu’au niveau de leur formation et la garantie de la sécurité des membres de la force publique ;
-La responsabilité du décès des membres des forces publiques, ainsi que la mutilation de cadavre et l’atteinte de son inviolabilité contenus dans les rapports officiels ;
-Les allégations de torture subie par les détenus et le cas de viol, mentionné dans le rapport, et à propos duquel l’AMDH a dressée une correspondance au ministre de l’intérieur.

2. L’ouverture d’une instruction judiciaire concernant ce qui a eu lieu dans l’hôpital militaire de Layoune, le jour des évènements. En effet, la commission a reçu des témoignages qu’elle n’a pas pu vérifier, au sujet du nombre et de l’ampleur de la violence et de la torture exercées pendant les évènements ainsi que leurs conséquences.

3. La nécessité de procéder à une enquête intègre et neutre au sujet du changement inopiné de la position des autorités, et sa décision de démanteler le camp par la force, alors que les données indiquent que tout le monde s’attendait à la mise en œuvre des résultats du dialogue.

4.Mettre un terme, définitivement, à toutes les formes de discrimination sur la base de la relation avec le pouvoir, les notables, les privilégiés et les partis hégémoniques, dans la région, , d’une part ; ainsi que la discrimination sur l’appartenance ou non à la région, d’autre part, discriminations exercée par les autorités et les élites dominantes. En fait, il faut respecter l’égalité des chances pour tous, dans les domaines de l’emploi, de l’habitat ou de la jouissance des potentialités et des richesses de la région.

5.La nécessité de mettre un terme aux pratiques des autorités, visant à semer la discorde entre les habitants, inciter à l’hostilité et encourager le tribalisme, l’agressivité et la violence dans la région. Pratiques pouvant avoir des conséquences très graves pour la sécurité de la région et l’intégrité de ses habitants. En conséquence, il faut mettre en œuvre l’article 20 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui stipule que : « Tout appel à la haine nationale, raciale ou religieuse qui constitue une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence est interdit par la loi ».

6. Le respect des libertés publiques, par les autorités de la région, qui englobent la liberté d’organisation, de rassemblement, d’expression, de presse, de manifestation pacifique, y compris la liberté d’opinion et d’expression pacifique des différentes positions, présentes dans la région, au sujet du conflit du sahara.

7. Donner à toutes les associations des droits humains et à toutes les organisations de la société civile, sans discrimination aucune, l’occasion de travailler dans la région, jeter des passerelles de communication avec ces associations et être à leur écoute. Et permettre aux différents partis politiques de contribuer à l’encadrement et à la formation politique sans pressions ou restrictions, et offrir toutes les possibilités de canalisation des différentes protestations des habitants de manière à garantir le droit à la participation, condition fondamentale de la démocratie, et établir un dialogue avec leurs représentants, avant l’aggravation de la situation.

8. Offrir à toutes les composantes des médias nationaux et internationaux, et à tous les observateurs le droit d’accès à l’information et à toutes les données de recherche et d’investigation relatives aux évènements de la région, leurs causes et conséquences, pour participer à informer et à éclairer l’opinion publique nationale et internationale et de révéler la vérité, dans le respect totale de la déontologie de la profession de journalisme.

9. Dispenser aux agents de l’État chargés de l’application des lois une formation sur les droits humains, et leur garantir le droit à une vie digne, d’autant plus que les conditions de pauvreté et de déni de la dignité des agents chargés de la sécurité, qui sont en relation directe avec les citoyens, suscite la haine, l’hostilité et les pratiques violentes de vengeance.

10. Offrir les conditions d’un procès équitable à tous les détenus, y compris ceux qui ont été déférés au tribunal militaire ; en sachant que le fait de déférer des civils au tribunal militaire constitue, en soi, une violation des normes du procès équitable.

11.Réparer les préjudices individuels et collectifs engendrés par les événements, en commençant par réparer les préjudices des ayants droit des familles des victimes, indemniser les habitants de la région pour toutes les pertes qu’ils ont subi au cours des évènements du camp ou de Layoune, qu’il s’agisse des biens détruits ou incendiés au camp ou dans la ville de Layoune le lundi matin, les diverses marchandises perdues lors du pillage des magasins le soir du lundi 8 novembre ainsi que les meubles volés au cours de l’invasion des maisons au cours de la même période. Et Finalement toutes les personnes qui ont été victimes d’incendies, destructions ou dévastations, en général, au cours des événements.

12. L’État doit mettre à exécution ses engagements, relatifs au dossier des graves violations du passé, révéler toute la vérité au sujet des dossiers des disparus sahraouis, communiquer avec les victimes et leurs familles et libérer tous les prisonniers politiques sahraouis, y compris les trois qui restent du groupe Tamek.

13. L’État marocain doit respecter ses engagements relatifs à l’application de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, qu’il a ratifiée depuis 1993, la ratification du Protocole facultatif se rapportant à cette convention pour doter la société d’un mécanisme national de prévention de la torture, ainsi que la ratification de la Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.

4. L’AMDH, rappelle sa revendication, aux côtés de nombreuses organisations internationales de défense des droits humains, relative à la mise en place d’un mécanisme international de contrôle des droits humains dans la région.

15. La nécessité de trouver une solution démocratique au conflit du sahara. Solution susceptible d’éviter davantage de violations des droits dans la région, permettant la réalisation de l’unité des peuples maghrébins, l’édification de la démocratie et le décollage du développement économique et sociale de la région. En effet, les protestations sociales et les violations des droits humains qui les accompagnent, dans de nombreux cas, et la persistance des situations de tension et d’affrontement entre les citoyens et le pouvoir sont alimentés par les conditions engendrés par le conflit autour du sahara qui continu, et qui n’a que trop duré.

16. L’Association Marocaine des Droits Humains lance un appel à la commission parlementaire d’enquête sur les évènements de Layoune, à ne pas répéter les expériences des commissions parlementaires d’enquête précédentes qui se sont arrêtées à des demi vérités. Les autres impliqués dans les violations que ces commissions ont enregistrées jouissent de l’impunité totale (commission des évènements de Fès en 1990, commission de Sidi Ifni, commission d’enquête sur les détournements des fonds publics…).
 
Via www.amdh.org.ma/

Que dirait Malek Bennabi ??

Abdelwahab Benyelles

Salam à tous,

En toute modestie, je crois que c’est le moment encore une fois de rééditer cette déclaration d’un algérien unique. Elle décrit « religieusement » le paradigme philo-politique où immerge effectivement la société algérienne depuis des lustres. Méditons la bien comme il faut, et espérons qu’elle « débloquerait » et boosterait avec efficience le débat vers la création du front de changement national. (A.By)

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« La plus grave parmi les paralysies, celle qui détermine dans une certaine mesure les deux autres (sociale et intellectuelle), c’est la paralysie morale.

Son origine est connue : « L’islam est une religion parfaite. Voilà une vérité dont personne ne discute. Malheureusement, il en découle dans la conscience post-Almohadienne une autre proposition : « Nous sommes musulmans donc nous sommes parfaits ».

Syllogisme funeste qui sape toute perfectibilité dans l’individu, en neutralisant en lui tout souci de perfectionnement. Jadis Omar Ibn El Khattab faisait régulièrement son examen de conscience et pleurait souvent sur ses « fautes ».

Mais il y a longtemps que le monde musulman a cessé de s’inquiéter de possibles cas de conscience. On ne voit plus qui que ce soit s’émouvoir d’une erreur, d’une faute.

Parmi les classes dirigeantes règne la plus grande quiétude morale. On ne voit aucun dirigeant faire son mea culpa. C’est ainsi que l’idéal islamique; idéal de vie et de mouvement a sombré dans l’orgueil et particulièrement dans la suffisance du dévot qui croit réaliser la perfection en faisant ses cinq prières quotidiennes sans essayer de s’amender ou de s’améliorer : il est irrémédiablement parfait !

Parfait comme la mort et comme le néant. Tout le mécanisme psychologique du progrès de l’individu et de la société se trouve faussé par cette morne de satisfaction de soi.

Des êtres immobiles dans leur médiocrité et dans leur perfectible imperfection deviennent ainsi l’élite d’une société morale d’une société où la vérité n’a enfanté qu’un nihilisme.

La différence est essentielle entre la vérité, simple concept théorique éclairant un raisonnement abstrait, et la vérité agissante qui inspire des actes concrets. La vérité peut même devenir néfaste, en tant que facteur sociologique, lorsqu’elle n’inspire plus l’action et la paralysie, lorsqu’elle ne coïncide plus avec les mobiles de la transformation, mais avec les alibis de la stagnation individuelle et sociale.

Elle peut devenir l’origine d’un monde paralytique que Renan et Lamennais dénonçaient en disant que l’islam « pourrait devenir une religion de stagnation et de régression ».

Quand une société primitive met des tabous autour de ses traditions, de ses convictions, de ses goûts, de ses usages, ce qui est risible là-dedans – à supposer qu’il y ait quelque chose de risible – ce n’est pas le tabou mais le vide culturel, l’inculture qu’elle défend, c’est-à-dire l’ensemble de causes qui maintiennent cette société en stagnation.»

Malek Bennabi.

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Ah, cher Malek Bennabi, Rahimaka Allah, si vous saviez comment d’ignares mounafiquines jouent et se jouent de notre religion pour se servir!!
Merci Abdelwahab pour ce précieux rappel.
Salah-Eddine Sidhoum (Rédaction LQA)

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Extrait de LeQuotidienAlgerie.org
http://www.lequotidienalgerie.org/2010/11/01/appel-pour-…..