Bouteflika est mort ? Vive Bouteflika !

Des rumeurs persistantes annoncent ces jours-ci la mort du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Il faut avouer que le président a déjà montré des signes de maladie grave depuis bientôt  4 ou 5 ans puisque c’est bien pour cette même raison de maladie qu’il n’a plus fait une seule  allocution publique depuis 2012. Faut-Il peut être aussi rappeler qu’il a déjà fait un AVC et des interventions chirurgicales lourdes suite à un cancer, situations officiellement reconnues et assumées depuis déjà plusieurs années. Il a d’ailleurs plusieurs fois été annoncé comme mort par le passé récent,car en réalité Abdelaziz Bouteflika ne pourra pas dans tous les cas défier très longtemps les lois de la nature.

Si les rumeurs actuelles sont confirmées, le président serait donc déjà mort et nous ne pouvons bien sûr dans ce cas là , que nous incliner devant sa mémoire et prier le bon dieu de lui pardonner et de l’accueillir dans son vaste paradis. A dieu nous appartenons et à lui nous retournerons. Nous devons effectivement rester sereins et pleurer sa mort comme nous pleurons la mort de chacun d’entre nous.

Ceci dit, il nous faudra quand même rappeler que la période Bouteflika a été très particulière pour notre pays. Ceci dans le sens où il est resté au poste de président pendant plus de 18 longues années, et il aura laissé derrière lui un pays à bout de souffle sur le plan politique et au bord de la ruine économique et sociale.

Pourtant à son arrivée en 1999, le récit des officiels qui l’avaient alors parachuté au poste de président se voulait rassurant et plein de promesses. Bouteflika s’est vu assigner comme rôle celui du nouveau président qui allait aider l’Algérie à sortir et à dépasser les terribles années 1990s, disaient-ils alors. Et plus de 17 ans plus tard et à mi chemin de la fin de son quatrième mandat présidentiel, aucun problème ni crise politique n’a  été véritablement solutionné. D’abord il y’a le problème fondamental de la légitimité du pouvoir qu’il a lui-même spolié puisque il a systématiquement été « élu » selon la stricte volonté des véritables décideurs et grâce à la fraude habituelle que connaissent les élections dans notre pays, le régime s’est même permis de retoucher la constitution du pays pour faire durer le statut quo et permettre au président la possibilité de faire plusieurs mandats contrairement à l’esprit même de la constitution du pays qui limitait le nombre de mandats à deux.

Ensuite il n’a par ailleurs jamais trouvé les voies et moyens de solder véritablement l’énorme crise humanitaire et politique engendrée par la guerre civile des année 90 et par le coup d’État très sanglant perpétré par les militaires à l’occasion des élections de 1991/92. La fameuse et fumeuse « concorde civile » n’a fait qu’institutionnaliser l’impunité et le non droit là où il fallait rendre justice et dire la vérité pour que le peuple algérien martyrisé dans sa majorité puisse enfin tourner la page et faire la paix et la véritable réconciliation.

On ne peut en effet affirmer que tous ces problèmes fondamentaux ont été solutionnés quand on sait l’état de déliquescence avancéé dans lequel se trouve la scène politique algérienne ainsi que celui dans lequel se trouvent les institutions officielles du pays qui ont fini par disparaître totalement du paysage au profit de pouvoirs occultes qui se sont accaparés les véritables centres de décisions à l’ombre des armes et des blindés d’abord et sous les coups de boutoir de la mafia militaire et financière par la suite.

Au jour d’Aujourd’hui, Et contrairement donc aux promesses de ceux qui ont intronisé Bouteflika comme président de la République algérienne, le pays a continué sa fuite en avant, aggravant ainsi  la problématique de l’illégitimité du pouvoir et celle de son irresponsabilité face aux défis qui sont ceux de toute une nation qui a besoin d’aller de l’avant pour aborder son avenir de manière sereine et apaisée.

Au final durant la période de règne de Bouteille nous avons eu droit à la clochardisation de la vie institutionnelle dans notre pays, sans parler de la corruption des hautes sphères du régime, érigée en système de gouvernance. Comment expliquer sinon, le gâchis qui a concerné les ressources énergétiques du pays qui ont été très importantes pendant la période où les Bouteflika ont occupé la fonction présidentielle ?

Le régime algérien a fonctionné selon la règle de la force et de la fraude électorale depuis l’indépendance du pays en 1962, et la période Bouteflika n’a été que la continuité de ce qui a été fait jusqu’ici. Et avec la disparition de ce dernier, le régime se retrouve encore une fois face à la situation, où il s’agit de trouver l’habituel consensus entre les différentes factions qui le composent pour remplacer l’occupant du siège de président au Palais Al Mouradia et ainsi continuer la fuite en avant consistant à laisser sur le côté de la route le peuple algérien, pourtant seule source de légitimité, sans laquelle aucune solution politique viable pour le pays n’est envisageable.

Samir Belateche
13 Mars 2017

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Un commentaire

  1. brers ilot
    13 mars 2017
    Répondre

    Hchicha Toujours fidele aux principes et valeurs universelle, A la vie à la mort pour l’ avenement de la democratie en algerie.

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