"En pays Demba" – Par Djameledine Benchenouf

Ca y est 🙂 … je l’ai reçu le beau livre « En pays Demba » de Djamaledine Benchenouf.

Je conseille vivement sa lecture, je pense l’avoir lu moi-même d’un seul trait, tellement je voulais connaitre la suite (la fin?) de l’histoire. Une lecture comme j’aime, très réaliste, poétique et qui me replonge personnellement dans l’Algérie que je connais.

En plus du fait que ce livre soulève des questions importantes liées à la situation politique et aux fondements même et l’histoire de notre Etat algérien, il va encore plus loin pour questionner chacun d’entre nous, citoyens algériens, sur notre Histoire contemporaine.

Les  » Si Ô  » sont décris dans leur nudité, souvent très moche, mais les  » Demba  » aussi n’ échappent pas à la critique et à l’évaluation concernant leurs responsabilités dans le drame actuel que vit le pays.

Je pense que ce livre ne vous laissera pas indifférent dans tous les cas de figures.

A LIRE en URGENCE 🙂

Samir 15 09 2013

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Extrait:

Je m’appelle Rédha. Je suis franco-algérien, fils d’un haut dignitaire du régime, un Général-major du DRS, l’un des hommes les plus puissants du pays. J’ai la quarantaine.

Je vis seul à Paris dans un grand appartement qui appartient à mon père, mais même si je ne vais pas souvent en Algérie, que je connais si peu, elle est pourtant ma grande addiction.
Je suis Médecin biologiste, et je dirige mon propre laboratoire d’analyses, à Paris.
Je suis né, comme on dit, avec une cuillère d’argent dans la bouche. Et une armée de serviteurs pour assurer mon train de vie et ma protection.

J’ai appris, depuis ma petite enfance, de façon toute naturelle, à considérer ce pays comme une propriété familiale, et les gens qui le peuplent comme autant de serviteurs à notre dévotion. Je pèse mes mots. Les gens qui ne connaissent pas notre monde ne pourront jamais l’imaginer tel qu’il est vraiment !

La caste à laquelle j’appartiens a pris le pouvoir, tout le pouvoir, et elle a fait en sorte, en sauvegardant les apparences néanmoins, que le pays devienne sien, que les gens qui l’habitent lui soient totalement soumis.
J’ai mon idée sur le besoin, sans jamais l’avoir vraiment ressenti.
J’ai longtemps pensé, en observant mon propre entourage, que le besoin réside dans l’aspiration sourde à vouloir plus, éperdument plus, à amasser des biens, même s’ils ne doivent pas être utilisés, même si d’autres ont en un manque cruel.

Je savais, sans vraiment le savoir, que des populations entières vivaient l’angoisse de ne pouvoir satisfaire leurs besoins les plus vitaux, comme de nourrir leurs familles ou avoir un toit. Mais cela restait vague pour moi, sans vraie perception. Parce que l’influence de notre milieu, la puissance illimitée dont nous jouissions, et la fortune dont nous étions abondamment pourvus, ont colmaté des ouvertures en moi.

Ma mère n’était pourtant pas comme les autres dames de notre milieu. Elle refusait de leur ressembler. Contrairement à elles, qui écrasaient leurs domestiques de leur morgue, et même de leur haine, elle leur témoignait de la considération, du respect. Du moins aux femmes qui nous servaient.
Elle les invitait à partager ses repas. Elle s’asseyait par terre, pour manger comme le font les gens des couches populaires. Elle discutait avec elles de tout et de rien, se rendait à leurs fêtes, où elle ne manquait jamais de m’emmener, quand j’étais encore petit. Elle n’était jamais condescendante, comme certaines dames de notre milieu qui cherchent, de temps à temps, à s’acoquiner avec les gueux, en se risquant à prendre un café avec eux, du bout des lèvres.

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