(Mon) Souvenir de la guerre d'Algérie

– Salam alikoum a n Fadma,

Moi c’est Ali, je suis moudjahid et c’est ton fils Mohamed qui m’envois pour te demander des provisions car nous sommes dans la montagne Adrar Akfadu depuis 10 jours sans aucune munition ni nourriture. Nous revenons de Tizi Ouzou où la situation n’est guerre meilleure.

– Nous avons perdu plusieurs de nos combattants contre l’armée de l’occupant.

– Na Fadhma : Très secouée par ce que lui disait son interlocuteur , rentré dans le village de nuit et secrètement pour demander de l’aide aux villageois. Le jeune homme semblait fatigué et pressés. Il avait l’air d’avoir marché des dizaines de kilomêtres. Son accent n’était pas celui de notre région. D-assahli probablement.

– Na Fadhma n’avait plus eu de nouvelles de son fils depuis qu’il est parti dans le djebel rejoindre le Colonel Amirouche comme il l’avait toujours annoncé à ses parents. Il n’avait que 17 ans.

Ali insista pour dire alors que Mohamed va bien, qu’il vous aime fort et qu’il veut aussi du « Aghrum » pain kabyle et un burnous pour lui car il fait très froid la-haut dans la montagne.

Na Fadhma prépara alors les sacs de nourriture et de vetements et les donna au jeune homme , en pleurant et en demandant de lui dire que ta maman t’aime beaucoup aussi, mais qu’elle ne veut plus que tu reviennes ici. Car depuis que tu es partis rejoindre Amirouche, de grands malheurs se sont abattus sur la famille. Tes deux oncles sont aussi partis comme Moudjahid, l’armée avait alors arrêté ton père et ton autre oncle. Ils les ont torturés et ton père vient de se suicider mais ton oncle Arezki a lui réussi à fuir de la caserne. On ne sait pas ce qu’il est devenu depuis qu’il a été sorti vers les maquis de notre région.

Et notre maison a été dynamitée par l’armée. Alors tu diras tout ca à mon fils s’il te plait … et que dieu vous protège tous.

– Ali très pressé embrasse le front de Na Fadhma et disparait aussi rapidement qu’il est arrivé.

C’était la dernière la premiere et dernière fois qu’il eu des nouvelles de son unique garçon encore vivant. C’était en hver de l’année 1957.

A l’indépendance elle avait longtemps espéré le voir revenir. En vain, les recherches effectuées juste au moment du cessez le feu avaient permis de confirmer son décès au champs d’honneur pour que vive l’Algérie libre et indépendante..

Il n’avait que 17 ans et était déjà très apprécié pour son intelligence et son courage. Lui qui disait souvent à ses parents , en rigolant : « aidez moi à me débarasser des petits, les grands je m’en occupe » … « 3awnithiyi g mechatah … i muqran-en zemragh-assen

Allah yerhem e chouhada et pensées à celles et ceux qui ont souffert de la colonisation.

Samir 13 08 2013
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Photo prise après l’arrivée d’un convoi d’acheminement d’armes au mois d’octobre 1957, Tamgout, Zone 3, siège du PC, commandé par le capitaine Si Abdellah Moghni. (Source : Akfadou, Monsieur Hamou Amirouche)

Via https://www.facebook.com/pages/Colonel-Amirouche-Ait-Hamouda/108404419218556

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