Islamistes algériens. Apprendre à tirer des leçons de l'Histoire.

En Égypte, les Frères Musulmans ont très vite compris après le coup d’État qu’il fallait absolument rassurer l’autre partie des égyptiens , celles et ceux qui n’ont pas voté pour eux.

Ils défendent très clairement désormais, à partir de leurs sit-in à Rabeea adawiya et à la place Nahda, LA DÉMOCRATIE et le CHOIX DU PEUPLE. Ils expliquent à qui veut l’entendre que le coups d’état n’est pas dirigé contre les Frères Musulmans mais contre tout le peuple, dont les choix sortis des urnes ont été bafoués et le processus démocratique écrasés par des blindés de l’armée (et de ses alliés intérieurs et extérieurs).

Les Frères musulmans corrigent ainsi une des erreurs fatales de la période précédent la destitution de Morsi, où ils avaient naïvement cru en leur super-puissance et en leur capacité à se passer de l’autre partie des égyptiens qui ne votaient pas pour eux. Une erreur grave qui aura coûté cher mais qui leur a visiblement aussi servie de leçon pour la suite des événements.

Cette situation me rappelle celle vécue par les algériens en 1990/91/92, où les islamistes du FIS avaient eux aussi fait la même erreur d’évaluation de la réalité de la société algérienne. Ils se considéraient tellement puissants qu’ils pouvaient se passer des autres algériens , erreur qui aura bien sûr fortement contribué dans les graves dérives qui ont suivi l’arrêt par l’armée du processus électoral. Il était alors facile pour les putschistes d’isoler le FIS, comme essayent de faire actuellement les putschistes en Égypte.

Ce qui me choque actuellement, c’est de lire chez certains compatriotes islamistes politiques, leur rejet catégorique des autres tendances politiques non islamistes, qu’ils accusent sans distinction aucune de tous les maux. « Ils sont TOUS alliés des militaires, disent-ils. La démocratie n’a aucune valeur, il suffit de voir ce que font certaines élites dites démocratiques face aux coups d’état et autres violences contre les citoyens.

« L’enjeux est strictement entre les militaires d’un coté et les islamistes de l’autre, et rien d’autre en dehors de ces deux pôles » affirment aujourd’hui encore certains. Comme quoi, nos islamistes algériens n’ont rien tiré des leçons algériennes du passé, ni celles présentement en cours en Égypte et en Tunisie.

Ils continuent à croire qu’ils sont la totalité de l’opposition, et que c’est TOUS SEULS qu’ils changeront les choses dans nos pays (!!??)

Je finis par croire, que nos compatriotes islamistes comme les autres tendances d’ailleurs n’apprennent rien de l’Histoire ni de l’expérience passée, ils sont capables de refaire les mêmes erreurs à chaque fois que cela est possible, et c’est aussi cela ce qui fait la force de toutes les mafias du coin, et des putschistes en premier.

Samir 12 08 2013

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