"Révolutions arabes". IL FAUT réussir la transition !

Contrairement à ce que matraquent certains, l’une des choses les plus importantes qu’ont ramené les « révolutions arabes » dans les pays concernés, est justement l’arrivée des islamistes dans le champs politique. Il était temps que ce segment là important de la société ait enfin la parole et la possibilité de participer aux débats et à la construction nationale. Il en est d’ailleurs de même pour tous les autres courants et autres militants réprimés jusque là par les dictatures en place depuis 50 ans pour certaines. Dans le nouveau contexte ainsi né, il est désormais urgent et vital de trouver le moyen le plus pacifique et le plus sûr pour atteindre les « objectifs de la révolution », comme disent souvent les jeunes (et moins jeunes) qui ont réellement fait cet exploit de « dégager » le dictateur tant redouté jusque là. On peut le dire, la nouvelle scène politique a donc pour mission de relever cet autre défit de la transition.

La période actuelle, post dictature, est supposée être « constituante », c’est à dire que les citoyens démantèlent la dictature pour la remplacer de façon transitoire par une nouvelle organisation politique et institutionnelle. Et c’est dans ce contexte que l’on assiste en ce moment même à des crises politiques dans des pays comme la Tunisie ou l’Égypte. Crises expliquées principalement par les résistances au changement des anciens régimes (et de leurs clientèles), et par la difficulté que représente justement le défi de la « constituante » ou de la « reconstruction ».

A ce propos , je voudrais juste rappeler une idée qui m’a semblé importante, et dite par je ne sais plus qui lors d’un débat à propos des événements en Tunisie et en Egypte. A savoir que pendant la période de « reconstitution » et de transition vers un État de droit et une société plus juste (tels que revendiqués par ceux qui sont sortis partout dans la rue pour chasser les dictateurs), il est très important d’éviter les échéances électorales qui supposent des courses pour gagner des élections au détriment de l’idée même de construction nationale. En effet la période de transition qui succède à la chute de la dictature étant très délicate, difficile à réaliser dans le calme sans heurts ni chaos, il serait plus intéressant pour tous les pays de passer par une période de « compromis politique entre toutes les composantes de la scène sociale et politique ».

Ainsi , et pendant la période de transition, il s’agira d’éviter la stricte concurrence politique, et parfois la guerre entre acteurs politiques, afin de prendre le dessus sur la phase de constitution, considérée comme vitale par tout le monde (par la majorité comme par la minorité). Ce qui est désormais demandé aux nouveaux « décideurs » et aux nouvelles élites n’est pas de gagner des élections mais de réussir à trouver un consensus avec les autres acteurs, consensus qui garantira à tout le monde ses droits et son accès égal à la reconnaissance et à la justice.

Une période de transition et de constitution nécessite donc un compromis politique qui prendra en compte tout le pays, et toutes les revendications. C’est aussi cela, en principe, les fondements mêmes des nouvelles constitutions en cours d’écriture et de mise en place pour balayer, symboliquement et effectivement les traces de l’ancien régime dictatorial, mafieux et injuste. Sans cela , les nouvelles constitutions risquent de se trouver prisonnières de calculs politiciens et parfois très courts. Des calculs qui pourraient mettre à mal la réalisation des objectifs pour les quels se sont soulevés les peuples.  Et c’est aussi cela, je pense, qui pose actuellement de grands problèmes en Tunisie, en Égypte et même en Algérie où la dictature avait très tôt fait barrage au changement réel et où l’idée du consensus peine à faire son chemin depuis … 20 ans (!!)

Les nouvelles sociétés sorties du joug de la dictature sont donc condamnées à réussir cette phase de transition. C’est aussi ça le changement tant attendu.

Samir 07/08/2013

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