21 ans après l'assassinat du président Mohamed Boudiaf

Depuis 1992 que le président Boudiaf a été assassiné, aucune vérité n’a été faite sur cet assassinat en directe à la télévision officielle.

En janvier 1992 le régime des militaires avait arrêté le premier processus électoral démocratique en Algérie, confirmant ainsi l’illégitimité fondamentale de ce régime, illégitimité datant de la première année de l’indépendance nationale, faut-il le rappeler.

Depuis 1992 donc, que la crise politique perdure en Algérie, une crise politique noyée durant les années 90s dans un bain de sang, d’ombres et de manipulation à outrance.

A ce jour les algériens restent traumatisés par cette période là, et à ce jour les élites algériennes (si élites il y’a ?) n’ont toujours pas digéré cette étape de notre histoire politique récente. La bagarre est encore virulente à propos des responsabilités quant au chaos vécu par l’Algérie depuis cette fameuse année de 1992.

Et il est aussi aisé, je pense, de constater que le régime en place, dans un soucis d’existence, continue à alimenter cette fracture au sein de la société politique algérienne. Ainsi, régulièrement le couteau est sciemment remué dans la plaie sans que personne ne puisse arrêter la douleur ni dépasser la crise et les clivages idéologiques dans le but de vivre ensemble, dans l’intelligence de ceux qui veulent à tout prix construire un pays et une société apaisée.

Le régime qui a toujours confisqué la volonté populaire a besoin pour survivre, de diviser la société et de maintenir béante la fracture et pour cela tous les moyens sont bons. Admirons, dans ce sens, les apparitions régulières des terroristes repentis qui viennent narguer ceux qui ont subi dans leur chaire la période des années de sang. Admirons aussi les amalgames entretenus par certains à propos de l’islamisme politique allant parfois (et dans une incohérence totale) jusqu’à nier le droit des islamistes à exister dans notre société.

Cette élite politique des deux bords donc qui a été clairement mise KO et Hors Service et qui a (au moins) cette responsabilité d’être incapable de dépasser la crise politique.

21 ans après l’odieux assassinat du président Boudiaf et de tous les algériens morts violemment durant cette période, le défit d’une réelle réconciliation et d’un retour à la voix légale restent intactes.

21 ans plus tard, tout reste à faire, à commencer par la vérité et la justice pour toutes les victimes.

Samir Hchicha
29 juin 2013

ps: Aujourd’hui des dizaines de citoyens ont été arrêtés à Alger, car s’apprêtant à commémorer l’assassinat le 29 juin 1992 du président Mohamed Boudiaf.

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