Tunisie; le court terme vs le long terme

ghannnmarzoukiiiA mon humble avis, et sans jouer aux spécialistes de la scène politique tunisienne post Ben Ali, le CPR est LE parti politique tunisien qui aura joué un rôle très important dans la réussite des premières phases de la transition tunisienne vers un Etat de droit, après le départ du dictateur Ben Ali.

Ses positions claires et solides sur les questions de liberté individuelles et collectives et de respect des droits de l’homme, ainsi que sa capacité à rassembler autour de principes fondamentaux, à même d’éviter une explosion pure et simple pour cause de différences idéologiques traversant la société tunisiennes, ont été des éléments importants dans la sauvegarde la révolution et l’évitement d’un début de transition qui aurait pu être difficile voir impossible.

Ce parti qui aura servi à trouver le bon équilibre et le compromis, a dès le début subi les coups incessants de tous ceux qui ne voulaient pas de ce compromis politique et qui auront tout fait pour le miner et le casser.

C’est, je crois dans cette optique que se sont déroulés sans relâche les attaques contre le nouveau président, Dr Merzouki et contre la coalition née des premières élections libres qu’à vécu le pays. Le tout consistait à fragiliser ce compromis pour mettre à mal ceux qui sont sortis vainqueurs des urnes et qui ont donc la charge de réussir la transition sans trop de heurts pour leur pays.

Les difficultés rencontrées depuis n’ont pas cessées de grandir pour cause notamment de la conjoncture socio-économique délicate et probablement aussi pour cause de résistances contre-révolutionnaires diverses et variées. Pourtant ce compromis politique reste vital maintenant comme il l’a été depuis le début de la transition. Ce compromis politique qui doit être intelligent et large permet une marche vers l’avant sans passer par la case affrontements et division violente entre toutes les forces qui composent présentement la scène politique tunisienne.

La transition sera sereine si les citoyens savent faire la part des choses politiques, entre autre faire la distinction entre la politique du très court terme qui vise à prendre des positions de forces pour un parti politique, et la politique du moyen et long terme qui vise à mettre en place des institutions solides, réellement en rupture avec l’ancien régime et qui garantissent pour la Tunisie un État solide et viable pour encore une longue période.

Il est triste de constater que pour une partie des élites politiques, les visées à très court terme l’emportent sur la sagesse de ceux qui voient loin et dans l’intérêt supérieur de tout le peuple tunisien, ce peuple frère qui aura tant sacrifié pour en arriver là et qui a le droit légitime d’espérer le meilleur avenir pour tout le monde.

Samir Hchicha
Le 18/02/2013


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AFP 18/02/2013
Tunisie: scission du parti du président Marzouki, son chef sur le départ

cpr_465x348Plusieurs députés du parti du président Moncef Marzouki, le Congrès pour la République (CPR), allié aux islamistes d’Ennahda, ont annoncé quitter le parti et selon la presse tunisienne, le chef du mouvement, Mohamed Abbou, est sur le point d’officialiser son départ.
Les députés Lazhar Chemli et Souhir Dardouri ont annoncé leur démission du parti, l’un dimanche aux médias tunisiens, l’autre lundi sur sa page Facebook, alors que la Tunisie traverse une profonde crise politique.
Les radios Mosaïque FM et Shems-Fm ainsi que le quotidien la Presse ont affirmé, citant des « sources bien informées », que le chef du parti s’apprêtait aussi à officialiser sa démission. Selon la Presse, Mohamed Abbou va former un nouveau parti avec les dissidents du CPR.
« Le CPR compose avec une certaine diversité d’idéologies, ce qui est devenu une source de difficultés au lieu de richesses », a expliqué M. Chemli à La Presse. Mme Dardouri a pour sa part déclaré sur sa page Facebook qu’elle expliquerait « plus tard » les raisons de sa démission.
Le Congrès pour la République s’était imposé comme la deuxième force du pays, derrière les islamistes d’Ennahda, en obtenant 29 des 217 sièges de l’Assemblée nationale constituante lors des élections d’octobre 2011.
Il a ensuite formé une coalition tripartite avec les islamistes d’Ennahda et Ettakatol, un autre parti laïc de centre-gauche.
Mais après des divergences au sein du parti et des conflits de personnes, le CPR a connu une grave scission en mai 2012 et la moitié de ses députés ont rejoint un nouveau parti, Wafa.
La crise au sein du CPR intervient alors que le Premier ministre islamiste Hamadi Jebali réunit lundi soir l’ensemble des chefs de partis pour tenter de trouver un consensus sur la formation d’un gouvernement, alors que son propre parti, Ennahda, rejette l’idée d’un cabinet apolitique.

AFP 18/02/2013

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