Dr Salah Eddine Sidhoum à propos de l'interview de Chadli et de LQA


Politik / vendredi, octobre 8th, 2010

A Monsieur Ch, (retrouvez ce message dans son contexte ici)

Ce site, mon cher monsieur est un site de débats. Ceux qui se reconnaissent dans les principes de notre modeste Appel du 19 mars 2009, débattent sereinement, parfois avec hargne et passion, mais toujours de manière fraternelle, des problèmes qui se posent à notre cher pays. Ici, nous n’avons pas besoin de juges qui assènent de manière péremptoire leurs « vérités » ni de professeurs qui donnent au « ghachi » (que nous semblons être pour certains) et doctement des cours et leçons. Cela pour être très clair.

Oui, monsieur, la « dérive continue ». Elle se poursuit inexorablement depuis 1962 lorsque des imposteurs et leurs larbins ont confisqué notre indépendance.

Non, LQA a une rédaction constituée d’une poignée d’enfants de ce « ghachi » et c’est à elle seule à décider ou non, selon sa ligne éditoriale, la publication de tel ou tel article. Elle n’a pas besoin de « conseillers » à plus forte raison anonymes pour l’orienter.

Ce que vous appelez « l’énigmatique interview » a été publiée dans une revue scientifique connue et qui, elle, n’est pas énigmatique. Sa version arabe nous a été scannée par un compatriote en exil qui est l’ami de Mme ou Mlle Shoko Watanabe qui avait interviewé Mr Bendjedid et qui lui avait remis cette revue lors de sa parution en 2009.

L’interview ayant été réalisée en mai 2008 et publiée en 2009, nous sommes en droit à juste titre de nous interroger pourquoi elle nous a été servie «réchauffée » le 4 octobre 2010, c’est-à-dire la veille d’un anniversaire tragique qu’est le 5 octobre 88 (où plus de 500 de nos enfants ont été lâchement fauchés et assassinés à l’arme lourde et avec des balles explosives) et par un quotidien dont nous connaissons très bien l’appartenance idéologique de ses fondateurs et bailleurs de fond. Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie pour croire qu’il s’agit que du seul « devoir d’informer».

Cette interview permet à notre jeunesse de « découvrir » l’un des présidents-colonels désigné par l’oligarchie militaro-financière en 79 et qui a « dirigé » le pays durant 13 ans. Tout comme elle a à « apprécier » le niveau de ses « analyses », bonnes ou mauvaises. Les Algériens sont en droit de savoir et n’ont pas à être orientés et nous n’avons pas à lui sélectionner ce qu’il doit lire ou pas comme le faisait l’appareil administratif et de surveillance du FLN depuis l’indépendance jusqu’à 88 avec notre « ghachi » considéré comme immature. !

Si votre « respectable député a dit que « le problème des Algériens c’est le chômage, l’injustice, le manque de logements, la corruption, l’école, la harga, la hogra, l’enrichissement spontané et illicite etc et non pas ce qu’a dit Chadli MESQUINE en 2009 », je vous répondrais quand à moi que tous ces maux énumérés ne sont que la conséquence de la politique suicidaire d’un régime illégitime imposé par la force des armes en 62. Et ces maux perdureront voire s’aggraveront tant qu’on n’aura pas réglé la CAUSE de la crise politique : l’absence de LEGITIMITE du POUVOIR. Et votre « respectable député » a dit « une parole véridique mais employée dans un sens erroné » (باطل بها يراد حق كلمة).

Je crois que les gens ne sont pas si dupes que vous le pensez. Nous avons été trompés par le passé par l’action psychologique des « services » et l’appareil de propagande du FLN d’après 62 (Front de Liquidation Nationale) afin de nous diviser pour pouvoir mieux régner. Mais pas aujourd’hui. Vous pensez que les gens vont ruer dans les brancards et s’entredéchirer comme par le passé (en dehors des ultraminorités dont l’excitation est congénitale et incurable) ? Vous pensez que parce que Mr Bendjedid a nié la berbérité de l’Algérie qu’il y aura un tsunami populaire et une guerre civile ? Non, plus jamais cela. Les Algériens savent ce qu’ils sont et d’où ils viennent depuis des siècles. La question identitaire a été depuis fort longtemps tranchée par l’Histoire. Ce que la France coloniale et le Cardinal Lavigerie n’ont pu faire durant plus d’un siècle, ce ne sont pas ces infimes minorités d’agités qui le feront. Nous sommes !
de ce côté-là très rassurés et confiants. Notre problème est politique encore une fois. Le règlement de la question de la légitimité du pouvoir qui passe ineluctablement par le changement de régime et l’instauration d’un véritable Etat de droit est le souci majeur des véritables intellectuels et politiques sincères qui œuvrent à sauver le pays et à le servir et non pas à se servir.
Oui, tôt ou tard, ce régime illégitime et moribond s’effondrera. C’est une loi immuable de la nature et de l’Histoire. Oui, Les Algériennes et Algériens dignes et sincères reconstruiront cette Algérie, ancrée dans ses valeurs et ouverte sur l’universel et qui ne sera inféodée ni à l’Occident ni à l’Orient.
Cordialement.
Salah-Eddine SIDHOUM.
Alger. le 08 10 2010

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