16
avr

Printemps Noir de Kabylie. L’idéal serait de remonter jusqu’à celui qui a donné l’ordre de tirer

MOHAND ISSAD. Avocat et président de la Commission nationale d’enquête sur les événements de Kabylie

● Y a-t-il eu des suites à votre rapport d’enquête sur les événements du Printemps noir ?

Le rapport que j’ai rédigé a permis aux autorités algériennes d’ouvrir des pistes pour leurs enquêtes et les suites à donner à ces affaires. Mais dans notre pays, il se trouve qu’il y a un déficit de transparence, donc je ne m’attendais pas à ce que ce travail de longue haleine ait de l’écho. Le rapport comporte deux aspects : civil – sur l’indemnisation des victimes – et pénal, qui concerne la poursuite pénale des auteurs et des commanditaires de ces crimes . A ma connaissance, les poursuites n’ont pas eu lieu, excepté dans le cas du gendarme Mestari , auteur de l’assassinat de Massinissa Guermah.

● Pourquoi, selon vous , n’ont-ils pas été jugés ?

Il y a un problème de volonté politique. Ce qui a retenu mon attention dans l’enquête, c’est que les responsables politiques n’ont évoqué que la légitime défense, mais ils n’ont pas expliqué ce qui a provoqué ces attroupements devant les casernes. Ils n’ont retenu qu’un aspect de l’affaire, c’est-à-dire les gens qui étaient devant les casernes, et menaçaient de les envahir. Ils n’ont pas envisagé la cause : l’affaire en amont, ce qui était provoqué par les gendarmes.

● Pensez-vous que les auteurs de ces assassinats seront jugés un jour ?

En tant que juriste, je dirai que toute infraction à la loi, toute bavure de cette nature – et ce n’est pas une bavure, c’est beaucoup plus grave que cela – doivent être sanctionnées. On ne pardonne pas le crime. Dans la législation pénale algérienne, on n’a pas encore introduit le crime de génocide, le crime contre l’humanité. Tant que ce n’est pas fait, je ne vois pas comment on pourrait rouvrir le dossier.

● Vous voulez dire qu’il n’y a aucun espoir de rendre justice aux victimes et à leurs familles ?

L’espoir ? L’espoir de quoi ? Il ne faut pas se faire d’illusion, l’affaire est assez sensible. C’est une affaire politique. Si on gratte dans le dossier du printemps noir, on peut aller très loin. Pour cette raison, les politiques pensent qu’il serait plus sage de tourner la page comme le cas des fusillades d’Oran et de Constantine en 1986. Ce sont des dossiers douloureux dans l’histoire de la nation. Les politiques ne sont pas près de les rouvrir.

● Certaines victimes arrivent à identifier les gendarmes qui leur ont tiré dessus, ils peuvent quand même saisir la justice, avec des preuves tangibles…

Les gendarmes ont deux arguments pour se défendre. Le premier est qu’ils ont reçu des ordres, et leur deuxième argument est la légitime défense. L’idéal serait de remonter jusqu’à celui qui a donné l’ordre de tirer ou jusqu’à ceux qui n’ont pas donné l’ordre de ne plus tirer. En tant que juriste, je souhaite que l’enquête
aille jusqu’au bout et qu’au bout, on trouve la solution . Mais politiquement, la sanction n’est pas possible, car cela amènerait à se pencher à nouveau sur les événements de 1988, les tueries de 1986 et à chaque fois que la troupe fut amenée à tirer sur la foule en colère.

● Quel regard portez-vous sur le printemps noir neuf ans après ?

C’est un remake de 1963, 1980 et 2001. Tant qu’il y aura des problèmes politiques, économiques et culturels en Kabylie, il y aura des soubresauts périodiquement, comme il y en aura ailleurs, pour d’autres raisons, à savoir le logement, le chômage, etc.

En Kabylie, à tous ces paramètres s’ajoute le problème culturel. Il faut dire que si on ne règle pas le problème culturel et politique en Kabylie, il y aura toujours des événements comme le printemps noir. Le problème en Kabylie n’est pas culturel, il est beaucoup plus profond que ça. Il est important aussi de savoir que les politiques jouent avec la Kabylie, et c’est leur rôle de manipuler. C’est à la Kabylie d’éviter le jeu de la manipulation. En tant que juriste et citoyen, je ne veux pas que les actes criminels demeurent impunis, et c’est valable pour 1988, et pour tous les abus de droits. Il ne faut pas enterrer les dossiers si on veut
construire un Etat de droit.

EW 16 avril 2010

7 Responses to “Printemps Noir de Kabylie. L’idéal serait de remonter jusqu’à celui qui a donné l’ordre de tirer”

  1. Benouali dit :

    Ida cha3b arada el hayat labouda yestajib lil kada. Si un peuple veut vivre correctement il faut qu’il soit prêt à payer le prix.
    C’est regrettable que ces événénements ne touchent qu’une partie de l’Algérie et que l’autre partie se désolidarise des événements. Il est vrai que le pouvoir fait tout pour que cela aboutisse à ce scénario.
    Voyez ce qui se passe avec le passeport biométrique. Déjà nous sentons un essoufflement de la presse qui doit crier haut et fort le mécontentement du peuple. Mais tout ce tient et le pauvre peuple ( pauvre car il n’a pas de volonté de sen sortir) continue et continuera à subir.

  2. Mohand AIT OUARAB dit :

    Cet homme est un grand bonhomme, un géant ! Avec des mots simples, il dit une vérité immense. Que Dieu le protège ! Aprés avoir dit de telles vérités. MERCI ! Pourquoi ce Monsieur n’est pas notre Ministre de la Justice Algérienne ? Il ferait bien avancer les choses. Enfin ! Si on le laisse travailler… J’ai parfaitement aimé quand il affirme qu’il ne faut jamais pardonner le crime commis contre le peuple algérien !!! Quelle troublante vérité, n’est-ce pas ? Car elle signifie tant de choses contre nos assassins, les militaires !!! Que Dieu le protège aprés avoir dit toutes ces vérités à son peuple ! Ses paroles sont vraiment sincères.

  3. D.S dit :

    Je parie que les assassins de nos 127 jeunes kabyles ont été réhabilités comme les repentis, ils auraient sans aucun doute décorés pour leur « mérites » devant la « nation » argélienne arabo–islamiste (le gachi quoi!), devant le qartel arabe (qu’ils appellent la ligue arabe) et devant la oumas islamiste dirigéé par la Sawdia Arabia. Je parie que ces criminels ont été récompensés par un leurs maîtres qui leur ont offert un hadj en règle.

    Non mais vous rigolez, les kabyles sont assassinés par des arabes argéliens et vous allez demander que la justice soit faite à d’autres arabes argéliens! Vous savez très bien que le « gachi » argélien a massivement applaudi les massacres du Prntemps Noir 2001 alors pourquoi tant d’hypocrisie?

    Ces criminels doivent être jugés (et pendus j’espère) , c’est faisable à partir du moment oû c’est la Kabylie Libre et les kabyles qui doivent trouver, pourchasse s’il le faut, tous ces criminels de guerre pour les juger pour crimes contre l’hummanité passible de la peine capitale. Je pense que les choses vont changer à partir du moment oû la Kabylie Libre est lancée, ça sera au gouvernement kabyle même en exil de lancer les procédures nécessaires auprès des instances internationales, le TPI notamment. Il y a des gens déterminés à juger ces criminels, alors on espère que les choses vont de débloquer dans un futur proche. Le châtiment doit être exemplaire.

  4. Moh Terri dit :

    Arrêtez vos conneries les kavvilistes!
    Au lieu de continuer la lutte pour l’aboutissement des revendications populaires pour une vie meilleure et une démocratie majeure et la condamnation de tous les assassins, nos nouveaux fachos kavilistes détournent le débat en indexant le reste des algériens comme responsables de la situation.
    Honte à vous les commerçants du sang des martyrs du printemps noir!
    La jeunesse digne de kabylie et de toute l’Algérie connait bien ses ennemis :
    Les fachos quelque soit leur couverture qu’ils soient au pouvoir ou qu’ils y aspirent par la manipulation et le mensonge.

  5. BENOUALI dit :

    Bonjour. Je vien de passer un mois en Algérie, et malheureusement je viens de constater que le pauple est complétement déconnecté de la vie politique et de tout ce qui doit l’intéressé. On dirait que que tout ce qui ce décide la-haut ( le pouvoir ) ne l’intéresse guère et pourant c’est lui qu’on fait baver et trimer jusqu’aux os.
    L’Algérie est devenue un Etat de non droit. Le droit c’est la force qu’elle soit physique, matérielle ou financière.
    L’Algérie est devenue un pays peuplé de « Haggar » et de  » Mahgour » . Le plus petit des minable quand il a un poste où il peut faire baver les autres, ils ne s’en prive pas. C’est la cas des receveur de bus et des chauffeurs, qui même en surcharge (de voyageurs) prennent tout leur temps pour démarrer d’une station. C’est le cas des plantons dans les administrations qui sont plus féroces et plus impolis que leur chefs pour engueuler les citoyens qui sont comme des brebis qu’on renvoie d’un coin à un autre. Il faut toujours connaitre des gens pour pouvoir survivre dans ce bled.
    On peux dire sans risque de se tromper que le peuple a bien été maté, dressé pour lever la patte quand on lui demande. C’est à croire que nos valeureux chouhadas, qui ont jeté la Français avec toute leur armada (et l’Otan) à la mer n’ont pas été nos ainés.
    Mais nous descendons de qui ?
    Pauvre Algérie!!!!

  6. BENOUALI dit :

    Bonjour. Je viens de passer un mois en Algérie, et malheureusement je viens de constater que le peuple est complétement déconnecté de la vie politique et de tout ce qui doit l’intéresser. On dirait que que tout ce qui ce décide la-haut ( le pouvoir ) ne l’intéresse guère et pourtant c’est lui qu’on fait baver et trimer jusqu’aux os.
    L’Algérie est devenue un Etat de non droit. Le droit c’est la force qu’elle soit physique, matérielle ou financière.
    L’Algérie est devenue un pays peuplé de « Haggar » et de  » Mahgour » . Le plus petit des minable quand il a un poste où il peut faire baver les autres, ils ne s’en prive pas. C’est la cas des receveur de bus et des chauffeurs, qui même en surcharge (de voyageurs) prennent tout leur temps pour démarrer d’une station. C’est le cas des plantons dans les administrations qui sont plus féroces et plus impolis que leur chefs pour engueuler les citoyens qui sont comme des brebis qu’on renvoie d’un coin à un autre. Il faut toujours connaitre des gens pour pouvoir survivre dans ce bled.
    On peux dire sans risque de se tromper que le peuple a bien été maté, dressé pour lever la patte quand on lui demande. C’est à croire que nos valeureux chouhadas, qui ont jeté la Français avec toute leur armada (et l’Otan) à la mer n’ont pas été nos ainés.
    Mais nous descendons de qui ?
    Pauvre Algérie!!!!

  7. Loryn dit :

    6kFShx I’m impressed! You’ve managed the almost imsposilbe.

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