… Parce qu’il n’y a pas que le foot sur le net !
Journal d'un algérien installé à Paris pour le meilleur et pour le pire
… Parce qu’il n’y a pas que le foot sur le net !
A bas les parades chauvines, à Alger, au Caire et partout
لا للشوفينية في الجزائر والقاهرة وفي كل مكان
L’espace public dans les pays arabes est reconquis d’une drôle de manière ! En Egypte aux cris d’« A bas les Algériens », soufflés par les flics à des supporters qui, paradoxalement, n’ont jamais été aussi peu dangereux pour le régime. En Algérie aux cris d’ »A bas les Egyptiens », baptisés « égypChiens » par les fouteux et tous assimilés au patron Djezzy, même ceux d’entre eux venus gagner leur vie dans les cimenteries. Des ponts aériens pour Khartoum depuis Le Caire et Alger ? Y a-t-on pensé pour secourir Gaza ou le Darfour ? Y a-t-on pensé pour aider les sinistrés des villes algériennes de l’Intérieur ou évacuer les blessés de l’accident de train qui, il y a deux semaines, a coûté la vie à des dizaines de passagers en Haute-Egypte? Les mettrait-on en place si ce match devait avoir lieu à Paris ou à Berlin ? Wala el Rojla bark fi el soudan ?
A l’époque des « énièmes mandats présidentiels » succède celle, aussi déprimante, des parades chauvines. Honte à tout journal égyptien qui a participé à lancer des jeunes inconscients à l’assaut du bus de l’équipe nationale et de ses supporters (vive « Al Masri el youm » et sa « campagne Warda li kol jazayri », même si elle a été timide, même s’il semble s’en repentir). Honte à tout journaliste qui a fanatisé les foules contre les Egyptiens d’Algérie. Honte à tout journal qui a prétendu que les joueurs algériens « ont cassé les vitre de leur bus de l’intérieur ». Honte à notre honte nationale, « Al Chourouk » qui, hier, pour les mêmes raisons mercantiles, criait au loup chrétien en Kabylie. A bas les idiots des « deux plus grands pays arabes ». Vive la fraternité universelle, avec sans et même en dépit du foot.
لا للشوفينية في الجزائر والقاهرة وفي كل مكان
وبدأت الجماهير إعادة احتلال الشارع العربي. بدأت من مصر بصيحات « يسقط الجزائريون » أوحت بها الشرطة إلى مشجعين لم يكونوا أقل خطرا على السلطة منهم عليها اليوم. واستمرت في الجزائر بصرخات « يسقط المصريون » أطلقت في وجه موظفي أوراسكوم، وكأن كل المصريين هم المليونير ساويريس، بمن فيهم أولئك الذين جاءوا من أقصى الصعيد للعمل في مصانع الاسمنت. عبقت الأجواء بحب الأوطان فتفطن إلى الوطنية النظامان وبدأ التنافس على مد الجسور الجوية إلى الخرطوم. لماذا لم يفكر في مدها أحد لنجدة غزة أو ضحايا الفيضانات في مدن الداخل الجزائري أو نقل جرحى حادث القطار الذي أودى بحياة العشرات في الصعيد منذ أيام إلى المستشفيات ؟ وهل كان النظامان سيفكران في مدها لو كانت هذه المباراة الحاسمة ستجري في باريس أو برلين؟ هل قدر « الرجولة » ألا تمارس في غير السودان؟
أغلق عهد تجديد الولايات الرئاسية بعد أن جدد كل رئيس ولايته إلى الأبد وانفتح عهد المظاهرات الشوفينية والوطنية الزائفة. عار على كل صحفي مسخ الحقيقة في الجزائر أو ابتدعها سواء في القاهرة أو في الجزائر أو في الخرطوم. لتسقط كل جريدة عبأت المشجعين المصريين ضد الفريق الجزائري أو أوحت إليهم بالاعتداء على مناصريه (تحية « للمصري اليوم » ولحملته « وردة لكل جزائري » وإن كانت محتشمة وإن بدا وكأنه تاب عنها للأسف الشديد). لتسقط كل جريدة حشدت الجماهير ضد مصريي الجزائر. لتسقط كل جريدة زعمت، لصب مزيد من الزيت على النار، أن اللاعبين الجزائريين هم من كسروا حافلتهم بأيديهم. لتسقط « جريدة العار، « الشروق » التي ما زالت، ولنفس الأسباب التجارية، تعبئ الجزائريين ضد ذئاب التبشير المزعومة في المناطق الأمازيغية. ليسقط المستنفعون بمآسي الغير في وسائل الإعلام ومافيات الفيدراليات الرياضية. ليسقط كل الشوفينيون في « أكبر بلدين عربيين ». عاشت الأخوة، مع كرة القدم، بدونها وحتى ضدها
par YASSINE TEMLALI
Ce qui devait arriver se produit tout naturellement. Le match décisif qui devrait opposer notre équipe nationale à ce lle de l’Egypte ce 14 novembre 2009 a tout l’air de provoquer de graves incidents et une grande violence verbale, en images et ce soir, les supporters égyptiens ont carrément agressé les joueurs algériens à leur arrivée à l’hôtel où ils sont logés jusqu’à samedi [voir vidéo].
A qui la faute, me diriez vous? Et bien je pense que sans aucune hésitation, il faut pointer son doigt accusateur sur les autorités officielles des deux pays qui ont mis le feu à leur population à propos de ce match, et ce de manière délibérée et bien entretenue.
J’en veux pour preuve, le comportement criminel des médias affiliés aux deux régimes algérien et égyptien qui n’ont de cesse d’alimenter cette haine entre les deux peuples et supporters.
Par ailleurs mon petit doigt me dit aussi que les autorités égyptiennes (el moukhabarates – les renseignements) ne pouvaient pas ignorer ce que risquait le bus qui transportait les joueurs, et ceci est aussi valable bien évidemment pour notre ambassadeur au Caire ainsi que le ministre algériens présent et qui devait lui aussi avoir ce type d’informations.
Mais à quoi servent ce genre de situations et à qui profite le crime me diriez-vous encore une fois? Et bien je pense que la réponse est très simple là aussi, et elle est à trouver dans les deux pays en question: La dictature qui affame et qui pille son peuple a fortement besoin de ce genre de diversion pour prolonger la paix civile et calmer (au moins pour un moment) toutes les révoltes qu’engendrent la dictature, la hogra, la faim, le chômage de masse, la violence d’Etat et autres humiliations que subissent de manières quasi identiques les peuples égyptiens et algériens.
Voilà, et je vous invite à lire cette réflexion (en arabe) de Slimane BOUSSOUFA à propos du foot, cet opium des peuples … terrorisés et affamés par ceux qui les dirigent par la force, la violence et la manipulation outrancière.
La blogueuse tunisienne et professeur de théâtre, Fatma Riahi (34 ans), plus connue en ligne sous le pseudonyme “Arabicca” est en ce moment détenue au poste de police d’El Gorjani depuis le mercredi 4 novembre 2009.
« Elle est soupçonnée d’être la personne qui se cache derrière le blogueur caricaturiste anonyme,Z, du blog Débat Tunisie et fait face à des accusations de diffamation passibles de poursuites pénales pour lesquelles elle risquerait jusqu’à trois ans de prison »
. nous a confirmé un membre du groupe de soutien de la blogueuse.
Fatma Rihani a d’abord été convoquée à comparaître, le 2 novembre, devant la brigade criminelle pour être interrogée sur ses activités sur internet. Après plusieurs heures d’interrogatoire elle a été relâchée, le soir même, vers 22h.
La blogueuse à été convoquée de nouveau le lendemain pour être accompagnée de trois officiers de polices à son domicile situé à Monastir, une ville côtière à 160 km de la capitale, dans le but de trouver des éléments étayant leurs accusations. Les policiers sont repartis en confisquant son ordinateur.
Une nouvelle perquisition le mercredi 4 novembre permet aux agents de la brigade criminelle de mettre la main sur ses mots de passe et ainsi accéder à son compte Facebook. Ramener dans les locaux de la brigade, elle n’en est plus ressortie depuis.
Selon Global Voices Advocacy « Arabicca s’est vue refuser de rencontrer son avocat, maître Laila Ben Debba, qui n’a pu lui parler que quelques minutes. » Fatma Rihani a entamé aujourd’hui son 3 jours de garde à vue.
A noter que sur le blog Débat Tunisie, que les policiers soupçonnent Arabicca d’animer, une nouvelle caricature a été publié, aujourd’hui 6 novembre, sous le titre “Jacques Doucinaud sauve la Tunisie” en réponse à un article paru dans le quotidien Tunisien, La Presse, le même jour. Chose qu’Arabicca ne pouvait pas faire si elle était réellement derrière ce blog.
Fatma écrivait sur son blog, Fatma Arabicca, qu’elle a supprimé trois jours avant son arrestation. Des blogueurs tunisiens ont depuis lancé le blog Free Arabicca, ainsi qu’une page Facebook de soutien en réaction à cette arrestation et appellent à mener une campagne pour sa libération.
« Ceux qui ont le don de saisir l’insaisissable dans l’existence humaine savent être heureux; ceux qui sourient à leur prochain découvrent chaque jour les trésors qu’offre la terre à ceux qui sont en harmonie avec elle; ceux qui pensent que toutes les femmes et tous les hommes du monde sont capables de bonté portent dans leur coeurs des soleils éternels… »
Par Youssef Zirem, poète, écrivain et journaliste algérien indépendant.
A lire aussi cette excellente réflexion Serait-il impossible d’encourager «la démocratie durable» ? publié sur MediaPart.fr en novembre 2008 . Et son livre Algérie la guerre des ombres.
En l’espace d’une année, neuf journalistes algériens sont morts. Plusieurs autres sont soit licenciés de manière éhontée, soit soumis à une incroyable pression. Pendant ce temps, des dizaines d’autres de leurs collègues travaillent dans des conditions totalement inacceptables: pressions de tout genre, salaires de misères et absence de couverture sociale pour les autres.
A côté de cela, un autre danger guette le journaliste algérien. Il est sous la menace permanente d’un emprisonnement à cause d’un écrit ou tout simplement d’une opinion. C’est le résultat de l’application d’une disposition du Code pénal de 2002 qui pénalise le délit de la presse, au mépris de toutes les règles universelles en la matière.
Face à cette dramatique situation, la corporation reste presque sans voix. Des expériences de rassemblement ont été tentées. Mais sans résultats probants.
C’est par ce que la liberté s’arrache et ne se donne pas, que nous, journalistes algériens, avons décidé de créer un Réseau indépendant des journalistes algériens (RIJA).
Loin de nous l’idée de devenir des super citoyens ou encore moins des citoyens de seconde zone. A travers notre comité, nous n’avons qu’un seul objectif: défendre notre dignité, à travers des alertes permanentes sur d’éventuels dépassements des éditeurs ou des pouvoirs publics.
Pour cela, nous invitons tous les confrères à nous rejoindre dans ce Réseau, loin de toute considération politique, idéologique ou linguistique. Parce que, plus que les noms et les visages des personnes, nous croyons que l’union fait la force.
Et nous ne demandons pas plus que nos droits les plus élémentaires:
- Dépénalisation du délit de presse, et une grande liberté d’expression
- Etablissement d’une carte nationale d’identité de journaliste,
- Application du décret du 10 mai 2008 portant statut des journalistes,
- Salaires décents et droits sociaux pour tous les employés de la presse,
- Droit à l’activité syndicale à l’intérieur des rédactions,
- Respect de la conscience professionnelle des journalistes,
- Droit à un logement décent.
Ce ne sont là que certaines des revendications les plus urgentes de la corporation. La contribution de tous est indispensable pour que plus jamais un journaliste ne sera humilié.