28
mai

Algérie: Un peuple MAHGOUR (Méprisé)

Compte-rendu du procès de Baba Nadjar par Salah-Eddine Sidhoum, Médéa le 27 mai 2009.

injustice_filmstill Aujourd’hui s’est déroulé le procès en appel de Mohamed Baba Nadjar, après deux reports successifs. Ce procès, comme nous l’avons annoncé la semaine dernière, a été délocalisé à Médéa, pour « des raisons de sécurité ».

Tôt le matin, à 7h 30 alors que nous étions sur la route pour rejoindre le tribunal, des citoyens venus de Ghardaïa m’ont appelé pour me signaler qu’ils avaient été arrêtés à l’entrée de Médéa. En effet, les véhicules immatriculées 47 (Ghardaïa) étaient arrêtés par les services de sécurité à un barrage situé à l’entrée de la ville et leurs occupants invités à remettre leurs pièces d’identité, sans aucune raison valable. Leurs papiers leurs furent restitués après avoir été enregistrés par ces mêmes services.

A l’arrivée, de nombreux véhicules de police étaient stationnés à la périphérie du tribunal. Ses rues d’accès étaient occupées par des policiers. Près de 200 citoyens venus d’Alger, de Ghardaïa, de Béjaïa et de Tizi-Ouzou attendaient l’ouverture du procès.

Ce dernier s’est ouvert vers 9h 30. Une cinquantaine de citoyens de Ghardaïa n’a pu accéder à la salle d’audience. Les malheureux attendront dehors, sous un soleil de plomb et ce, jusqu’à 17h 30. L’entrée à la salle d’audience de la victime de l’arbitraire, Mohamed Baba Nadjar fut accueillie par des applaudissements de l’assistance qui s’est levée à l’unisson. Douze avocats du collectif étaient présents. Sept autres s’étaient excusés la veille pour raison de programmation. Une avocate marocaine a tenu à être présente au procès en solidarité avec ses confrères algériens et avec la victime de l’arbitraire.

Le procès fut marqué par la citation de nombreux témoins à charge et à décharge. Aucun d’eux n’avait vu Baba Nadjar sur le lieu du crime ! Au fil des minutes, tout le monde, assistance et avocats, était persuadé de l’issue favorable du procès. Le procureur général réclamera, malgré tout, la peine de mort. La brillante plaidoirie de cinq avocats de la défense finira par détruire toutes les « preuves » de l’accusation.

La Cour se retirera en fin d’après-midi pour délibérer. Tout le monde était confiant. Aucune preuve tangible. Les jeunes de Ghardaïa rayonnaient d’espoir. Ils parlaient de retour triomphal à Ghardaïa, avec, dans leurs « bagages » Mohamed Baba Nadjar. L’espoir était vraiment permis, au vu du dossier vide démontré avec brio par la défense.

Un fait attirera cependant notre attention, lors de notre sortie dans la cour du tribunal, dans l’attente du verdict. Des renforts de gendarmes et de policiers étaient arrivés sur les lieux. La route du tribunal vers le haut était bouclée par un double cordon de policiers et de gendarmes. La salle d’audience fut envahie par de nombreux policiers en civil portant des gilets « police ». Pourquoi ce soudain déploiement des services de sécurité alors que le calme régnait tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du tribunal ?

La délibération sera très courte. Elle ne durera pas plus de 30 mn. Stupeur dans la salle quand la condamnation à perpétuité sera prononcée. Baba Nadjar, blême, s’effondrera sur son siège. Son père et son oncle éclateront en sanglots. L’assistance, stupéfaite et scandalisée criera à l’injustice. De jeunes citoyens, révoltés par le verdict crieront leur rage en scandant : ‘Adalat Etilifoune » (justice du téléphone).

Les jeunes restés à l’extérieur, ayant appris la nouvelle, se mettront à scander « pouvoir assassin ». Les plus âgés lèveront leurs mains au ciel pour prier et maudire l’injustice et ses fonctionnaires aux ordres. C’était l’image d’un peuple mahgour qui criait sa rage, son désespoir et son impuissance devant cette situation de non-droit.

De nombreux sages de Ghardaïa, ont déployé tous leurs efforts pour calmer cette population révoltée à juste titre.

C’était une fin d’après-midi triste non seulement pour la population de Ghardaïa, mais pour toute l’Algérie. Un malheureux jeune citoyen condamné à perpétuité pour un crime qu’il nie de toutes ses forces. Un malheureux jeune innocent qui voit sa vie brisée par l’imposture au pouvoir.

Nous continuerons cependant le combat pour sauver Mohamed Baba Nadjar. Nous frapperons maintenant aux portes des instances judiciaires internationales pour que la vérité, toute la vérité éclate sur cette affaire plus que douteuse et pour que les véritables criminels soient démasqués.

Salah-Eddine Sidhoum.
Médéa le 27 mai 2009.

PS : Une analyse du procès sera réalisée par un ami juriste et professeur de droit qui a assisté à l’audience. Nous la publierons dès sa réception.

One Response to “Algérie: Un peuple MAHGOUR (Méprisé)”

  1. benchohra dit :

    Benchohra boumediene le 15 mars 2011
    ain kermes la wilaya
    de tiaret
    tel;046400516

    Objet; Demande d aide d urgence

    MONSIEUR LE MINISTERE DE L INTERIEUR

    C est dans une situation me concernant ,tres preocupante, voire angoissante, a plus d un titre que j ai l honneur de vous soumettre mon dossier, tous recours apres de differentes autoritées n ayant abouti a ce jour.

    Mr Abba Ogba le 15 mars 2011
    Soutien de la presidence
    Benchohra boumediene
    ain kermes la wilaya
    de tiaret
    tel;046400516

    objet; demande d aide d urgence

    A L ADRESSE DE SON EXELENCE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

    C est dans une situation me concernant ,trés préocupante ,voire angoissante a plus d un titre ;que j ai l honneur de vous soumettre mon dossier ,tous recours amiables aupres des differentes autorites concernées n ayant abouti à ce jour.

    Je m’appelle Boumediene Benchohra, fils d’une famille d’agriculteurs d’Ain Kermès dans la Wilaya de Tiaret.

    Ma famille y possède une terre agricole d’une centaine d’hectares.

    Jeune j’ ai voulu voyager et me suis installé en France dans la région de Nîmes dans le Sud de la France…

    Je m’y suis marié, j’y ai fondé une famille, trouvé un emploi prometteur, dans le transport et j’y ai construit une belle maison.

    Mais mes racines restaient vives, et l’appel lancinant du pays natal n’a cessé de me tarauder. On Ne déracine pas aisément un arbre accroché à sa terre, avec toute la vigueur de ses profondes racines.

    A la mort de mon père, Je suis rentré au pays, pour lui dire un dernier adieu.
    Et j’ai compris, à ce moment là, encore plus fort que je ne l’avais jamais ressenti, que ma place, et celle de ma famille, était là, sur la terre de mes aïeux. A Ain Kermès sur la terre qui avait accueilli lea sépulture de mon père, de mes ancêtres.

    Il faut dire que c’était une belle terre, que celle qui était devenue mienne. Un dépôt sacré, transmis par une longue chaîne d’hommes et de femmes qui l’avaaient travaillée, soignée, qui se levaient tôt pour lui prodiguer leur amour, leur labeur, et leur attachement. Et elle leur avait bien rendu l’amour qu’ils lui avaient donné. Elle les avait nourri de ses fruits. Elle leur avait permis de rester dignes, prospères, à l’abri du besoin. Des siècles durant.
    Mais délaissée, depuis quelque temps, par la force des choses, et parce que les paysans ne sont plus encouragés, de quelque façon que ce soit, cette terre généreuse souffrait, et se pleurait d’avoir été abandonnée. Elle m’appela, et je répondis à son appel. Mon père, face à de lourdes charges, n’avait rien pu faire pour elle. Il s’était épuisé à la travailler, à l’entretenir, mais son âge, et le manque de moyens l’ont terrassé.
    S’occuper d’une si grande surface, vers la fin de sa vie, était au dessus de ses forces.

    Alors, j’ai pris mon courage à deux mains, et une décision grave, pour le père de famille que j’étais. Reprendre l’exploitation ancestrale, lui donner ma sueur, celle de ma famille, mes économies, et tout mon espoir.

    J’ai donc rompu les amarres avec la France, ce pays qui m’avait accueilli, j’y ai vendu les biens que je possédais en propre, et je suis venu m’installer, avec toute ma famille sur la ferme paternelle.

    J’ai pris une grande décision celle de revenir en Algérie et d‘exploiter cette terre qui pourrait faire profiter les miens, donner du travail aux gens de la région et nourrir des familles …

    J ai investi dans un élevage de brebis, quelques vaches, un tracteur, j’ai semé mes terres de blé et planté des oliviers, donné du travail à des gens.

    Le point d’eau étant très éloigné, j’ai entrepris de demander aux autorités une demande d aide à l ‘habitation rurale, et une autorisation pour creuse creuser un puits, condition incontournable, pour pouvoir faire prospérer mon exploitation. Des promesses m’ont été faites, depuis plus d’une année. J’attends toujours.

    J’ai demandé le raccordement électrique à un poste éloigné de 800 mètres seulement. Cela fait des années que j’attends.

    Aucune possibilité donc, d’abreuver convenablement mes bêtes et d’arroser mes terres…

    Ruiné par des investissements qui n’ont pas pu être fructifiés, en l’absence des moyens que j’avais sollicités, et que j’attends toujours, je me suis retrouvé au milieu du gué, sans jeu de mots.
    Je ne peux plus, ni avancer, ni reculer. Ni faire prospérer une exploitation prometteuse, ni retourner en France.

    On dit pourtant, à longueur de discours lénifiants, que l’Etat attache la plus haute importance à l’agriculture, et qu’il tend une main secourable à toutes les bonnes volontés. Des prêts faramineux sont accordés à des gens qui spéculent dans le domaine, et qui n’ont rien à voir avec le paysannat, pendant que des gens comme moi sont livrés à leur propre sort. Pendant que des escrocs et des « investisseurs » raflent la mise, en sommes mirifiques, qu’ils ne remboursent même pas, les vrais paysans, comme moi, passent leur temps entre un bureau et un autre, à remplir des piles de documents, sans autre résultat que de vagues promesses.

    C’est dans cet état d’esprit, Monsieur le Ministre, et parce que je suis réduit à mes dernières extrémités, jusqu’à vendre mon cheptel pour nourrir ma famille, que je vous lance un appel au secours. Aidez-moi, Monsieur le Ministre. Aidez moi à faire revivre ma belle terre, une portion de notre belle Algérie.
    Je sais que vous êtes un homme de coeur, et un président sincère et bon, qui aime son pays, et qui sait reconnaître la valeur des hommes de bonne volonté.
    Mettez fin, Monsieur le Ministre, à cette bureaucratie qui m’enfonce dans le désespoir.
    Je ne veux pas abandonner ma terre. Je veux pas retourner dans un pays qui n’est pas le mien. Ma terre ne le veut pas. Elle me retient de toute la force qui subsiste en elle.

    J’aime ma terre et je ne le résous pas à négliger le dépôt sacré, la « Amana ». Ce serait comme si j’abandonnais mes propres enfants.

    Je veux revivifier cette terre qui retourne lentement vers la désertification, créer de l’emploi et même exporter une partie de mes produits vers l’Europe. Je peux le faire. J’ai juste besoin d’aide. J’ai juste besoin que mon pays me consente ma part de richesse, pour la faire fructifier, et lui rendre le bien qu’elle m’aura accordé.

    Ma femme,mes enfants qui ont toujours vécu en ville, dans le confort moderne. Ils se retrouvent aujourd’hui dans des conditions au moyenâgeuses, dans une maison sans électricité,sans eau,sans aucun confort, aussi sommaire soit-il. Et je n’ai plus de quelconque moyen d’investir, ne serait-ce que pour des conditions de vie décente.

    Au nom de tous ceux qui sont morts pour ce pays, pour que nous puissions jouïr du fruit de notre terre, au nom de vos compagnons, morts en chouhadas, je vous appelle à mon secours, Monsieur le Président.

    Je sollicite seulement, Monsieur le Ministre, qu’un responsable prenne mes requêtes en charge. Un raccordement électrique, une autorisation pour creuser un puit .
    Qu’ Allah nous facilite nos taches et nous accorde le bien…

    Je vous prie d agréer, Monsieur le Ministre de l interieur, l expression de ma plus haute consideration.

    BENCHOHRA BOUMEDIENNE
    LES HASSINETTES
    AIN KERMES LA WILAYA
    DE TIARET
    EMAIL : benchohraaicha@live.fr

    A REMETTRE EN URGENCE AU SECRETAIRE DU MINISTRE DE L INTERIEUR

Leave a Reply