Journalisme de mes fesses !!

Voici ci-dessous chers amis un commentaire (qui n’est pas passé biensur) et que je viens de faire à chaud sur un article du journal algérien hautement dangereux qu’est Ennahar. Ce journal manipule à outrance et appelle clairement à la haine anti kabyle. Ce genre de journalisme me donne des nausées!

http://www.ennaharonline.com/fr/news/2006.html

Un autre article qui pue la propagande du régime algérien.

Vous n’avez donné aucune information sérieuse sur le MAK et sur Ferhat Mehheni.

Par contre vous avancez des suppositions qui ne relèvent que de votre HAUTE HAINE envers les kabyles. Un classique dans la presse algérienne contrôlée par les services !!!

Ceci dit, je n’ai rien avoir avec le MAK, avec lequel je ne partage pas du tout ses objectifs politiques.

Mais votre manipulation fait trop de mal à notre pays. Vous incitez sans retenue aucune à la haine raciale et à la division.

HONTE A VOUS, vous êtes la honte du journalisme meme!

HONTE A VOUS ! HONTE A VOUS pour tous les malheurs dans lesquels vous plongez quotidiennement notre pays.

HONTE A VOUS MANIPULATEURS à 2 da !!!

A bas les chiyatine et les semeurs de haine, ceux là même qui mettent notre pays à genoux depuis trop longtemps.

Algérie: Un peuple MAHGOUR (Méprisé)

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Compte-rendu du procès de Baba Nadjar par Salah-Eddine Sidhoum, Médéa le 27 mai 2009.

Aujourd’hui s’est déroulé le procès en appel de Mohamed Baba Nadjar, après deux reports successifs. Ce procès, comme nous l’avons annoncé la semaine dernière, a été délocalisé à Médéa, pour « des raisons de sécurité ».

Tôt le matin, à 7h 30 alors que nous étions sur la route pour rejoindre le tribunal, des citoyens venus de Ghardaïa m’ont appelé pour me signaler qu’ils avaient été arrêtés à l’entrée de Médéa. En effet, les véhicules immatriculées 47 (Ghardaïa) étaient arrêtés par les services de sécurité à un barrage situé à l’entrée de la ville et leurs occupants invités à remettre leurs pièces d’identité, sans aucune raison valable. Leurs papiers leurs furent restitués après avoir été enregistrés par ces mêmes services.

A l’arrivée, de nombreux véhicules de police étaient stationnés à la périphérie du tribunal. Ses rues d’accès étaient occupées par des policiers. Près de 200 citoyens venus d’Alger, de Ghardaïa, de Béjaïa et de Tizi-Ouzou attendaient l’ouverture du procès.

Ce dernier s’est ouvert vers 9h 30. Une cinquantaine de citoyens de Ghardaïa n’a pu accéder à la salle d’audience. Les malheureux attendront dehors, sous un soleil de plomb et ce, jusqu’à 17h 30. L’entrée à la salle d’audience de la victime de l’arbitraire, Mohamed Baba Nadjar fut accueillie par des applaudissements de l’assistance qui s’est levée à l’unisson. Douze avocats du collectif étaient présents. Sept autres s’étaient excusés la veille pour raison de programmation. Une avocate marocaine a tenu à être présente au procès en solidarité avec ses confrères algériens et avec la victime de l’arbitraire.

Le procès fut marqué par la citation de nombreux témoins à charge et à décharge. Aucun d’eux n’avait vu Baba Nadjar sur le lieu du crime ! Au fil des minutes, tout le monde, assistance et avocats, était persuadé de l’issue favorable du procès. Le procureur général réclamera, malgré tout, la peine de mort. La brillante plaidoirie de cinq avocats de la défense finira par détruire toutes les « preuves » de l’accusation.

La Cour se retirera en fin d’après-midi pour délibérer. Tout le monde était confiant. Aucune preuve tangible. Les jeunes de Ghardaïa rayonnaient d’espoir. Ils parlaient de retour triomphal à Ghardaïa, avec, dans leurs « bagages » Mohamed Baba Nadjar. L’espoir était vraiment permis, au vu du dossier vide démontré avec brio par la défense.

Un fait attirera cependant notre attention, lors de notre sortie dans la cour du tribunal, dans l’attente du verdict. Des renforts de gendarmes et de policiers étaient arrivés sur les lieux. La route du tribunal vers le haut était bouclée par un double cordon de policiers et de gendarmes. La salle d’audience fut envahie par de nombreux policiers en civil portant des gilets « police ». Pourquoi ce soudain déploiement des services de sécurité alors que le calme régnait tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du tribunal ?

La délibération sera très courte. Elle ne durera pas plus de 30 mn. Stupeur dans la salle quand la condamnation à perpétuité sera prononcée. Baba Nadjar, blême, s’effondrera sur son siège. Son père et son oncle éclateront en sanglots. L’assistance, stupéfaite et scandalisée criera à l’injustice. De jeunes citoyens, révoltés par le verdict crieront leur rage en scandant : ‘Adalat Etilifoune » (justice du téléphone).

Les jeunes restés à l’extérieur, ayant appris la nouvelle, se mettront à scander « pouvoir assassin ». Les plus âgés lèveront leurs mains au ciel pour prier et maudire l’injustice et ses fonctionnaires aux ordres. C’était l’image d’un peuple mahgour qui criait sa rage, son désespoir et son impuissance devant cette situation de non-droit.

De nombreux sages de Ghardaïa, ont déployé tous leurs efforts pour calmer cette population révoltée à juste titre.

C’était une fin d’après-midi triste non seulement pour la population de Ghardaïa, mais pour toute l’Algérie. Un malheureux jeune citoyen condamné à perpétuité pour un crime qu’il nie de toutes ses forces. Un malheureux jeune innocent qui voit sa vie brisée par l’imposture au pouvoir.

Nous continuerons cependant le combat pour sauver Mohamed Baba Nadjar. Nous frapperons maintenant aux portes des instances judiciaires internationales pour que la vérité, toute la vérité éclate sur cette affaire plus que douteuse et pour que les véritables criminels soient démasqués.

Salah-Eddine Sidhoum.
Médéa le 27 mai 2009.

PS : Une analyse du procès sera réalisée par un ami juriste et professeur de droit qui a assisté à l’audience. Nous la publierons dès sa réception.

Vive la République des bananes !

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La DGSN suspend le policier agressé par un député du MSP

Nous apprenons d’une source sûre que la direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a procédé à la suspension du policier de l’aéroport Houari Boumedienne qui a été victime d’une agression, le 25 avril dernier, dont l’auteur n’est autre qu’un député du MSP.

Pour rappel, le policier a demandé au député Omar Achouri de la wilaya de Guelma d’ouvrir sa valise pour une fouille. Devant l’insistance du policier, le député en colère, lui a asséné plusieurs coups de poing au visage. Le policier s’est cassé deux dents.

La DGSN a décidé de traduire le policier devant la commission de discipline.

El Mouhtarem via Algérie Politique

Concert exceptionnel pour GAZA au Cabaret Sauvage (Paris)

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Concert exceptionnel organisé au Cabaret Sauvage

Dimanche 17 mai 2009 de 17h à 22h

NORIG, TITI ROBIN, RAY LEMA, CHEICK TIDIANE SECK, KARIM ZIAD, HOURIA AÏCHI, IDRISS EL MEHDI, CONTI BILONG, ETIENNE MBAPPE, AMAR SUNDY, LA CARAVANE PASSE,.et de nombreux autres artistes

Quel est l’objectif du concert ?
Contribuer à l’aide médicale pour les victimes de Gaza.

Qui organise ce concert ?

Nous sommes une équipe de bénévoles qui partage le même souhait de ne pas rester inactif face aux drames que vit la population Palestinienne, en particulier au cours de la dernière guerre subie par les Gazaouis.

A quoi servira l’argent des recettes du concert ?
La totalité des recettes sera versée à la CCIPPP, pour l’achat de prothèses destinées aux victimes de Gaza.

Qu’est-ce que la CCIPPP ?
Cette association qui est née en 2001, fait partie du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens, elle est composée d’une soixantaine de membres. Depuis sa création, elle a organisé 150 missions civiles et médicales, qui ont pour but de soutenir la population locale et rompre son isolement. Elle collabore notamment, avec le Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme (PCHR) de Gaza, qui lui fait part des besoins précis sur place, (notamment en matière de prothèses).

CABARET SAUVAGE
Parc de la Villette • 59 bd. Mac Donald • 75019 Paris

Métro Porte de la Villette – Tarif : 15 €
Locations : www.fnac.com / www.digitick.com / www.ticketnet.fr / sur place.

A noter : Tous les artistes qui participeront à ce concert le feront à titre gracieux. Nous les remercions chaleureusement !

Pour plus d’infos : contact@protection-palestine.org – http://www.protectionpalestine.org

«Les femmes méritent pire que ça, c’est à cause d’elles que l’Algérie est dans la m…»

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SCÈNES DE RUE … Par Kahina d’Alger.

Il n’y a pas longtemps, j’ai assisté à une bagarre en plein boulevard Didouche, soi-disant le quartier le plus branché d’Alger- Centre. C’était un jour de semaine, une belle femme qui venait juste de sortir de son travail, marchait tranquillement quand, soudain, un jeune très bien habillé, l’a touchée ; moi, et en tant que femme, je considère cela comme un harcèlement physique et moral.

Le premier réflexe que la fille a eu c’était de frapper le jeune avec son sac à main ; le jeune homme, à son tour, la frappa et faisait comme s’il n’a rien fait et commençait à l’insulter et la traiter de folle». Moi, sur place j’étais choquée, et comme personne n’a voulu intervenir, j’ai pris le bras de la femme et je voulais la faire sortir de cette situation ; mais en vain ; il ne voulait plus la lâcher. Sur le coup, j’ai pensé que les hommes qui allaient et venaient ne voulaient pas intervenir de peur de se faire agresser, cependant j’étais tellement déçue lorsqu’un groupe d’hommes à qui j’ai demandé d’intervenir me dirent : «Et alors, c’est de sa faute, il fallait pas qu’elle réclame, et elle, qui est attirante, trouh testar rouhha, les femmes méritent pire que ça, c’est à cause d’elles que l’Algérie est dans la merde, que Dieu nous punit…»

Vous savez, chers lecteurs, j’étais tellement dégoûtée, que j’ai pris immédiatement le chemin de la maison, je n’avais plus envie de voir personne, je me suis sentie rabaissée à la place de cette femme, j’avais envie de mourir plutôt que de continuer de vivre dans un pays où la femme est maltraitée, où la femme n’a plus le droit de bien s’habiller de peur de se faire agresser, où on ne peut plus se balader sans entendre des vulgarités durant tout l’aller et le retour ; oui, franchement je commence à détester cette vie. Cet incident m’a bouleversée, il n’y a rien qui motive, on n’est jamais libre d’exister avec fierté, où est donc la place de la femme dans ce pays ? Quand est-ce qu’il y aura une loi qui protégera la femme et sa dignité ? Pourquoi ne pas instaurer des pénitences pour ce genre de malades si nombreux, afin de refaire l’éducation de ces gens qui sont de plus en plus nombreux. Pourquoi c’est autrement dans les pays voisins ? Est-ce tout simplement parce que c’est voulu ?

I-Kahina

Zimu sort son stylo, le charge et tire :))

zimu

Zimu est un chanteur que perso j’ai toujours et tout de suite aimé, quand on me l’a fait écouter pour la première fois sur Internet. Il incarne selon moi ces chanteurs si rares dans notre paysage artistique et qui chantent des choses jolies, intelligentes et un brin subversives, la société kabyle étant à la base très traditionnelle et conservatrice comme tout le monde le sait je pense.

Dans l’article ci-dessous, il répond à un billet publié sur le site kabyles.net à son propos.

(…) Alors M. Winnat, vous ferez mieux de jeter mes CD si vous les avez vraiment et de ne plus chercher à m’écouter (surtout le prochain) je ne changerai pas de trajectoire pour vous faire plaisir.

(…) Ma chanson, sans aucun doute, ne remplira pas des zéniths ni mes poches d’argent d’ailleurs, mais, du coup et ça me soulage, elle ne cautionnera aucune idée susceptible de remplir nos cimetières… de jeunes kabyles assassinés. Les générations futures qui se pencheront sur ce que nous leurs laisseront comme héritage ne trouveront pas ma guitare maculée de sang … sauf du mien peut être, si des gens comme Winnat, passent à l’acte pour me réduire au silence parce que je ne suis pas réglé à leur diapason.

– Des amis m’ont appelé pour me prévenir que sur un site, à la une, j’ai eu droit à un «article». J’ai suivi le lien et je suis tombé sur ce qu’a écrit un certain M. Winnat dont je ne citerai pas le nom pour lui laisser la chance de se faire connaître en utilisant sa matière grise pour produire quelque chose au lieu de chercher à se faire une réputation en pondant un semblant de «critique» sur une de mes chansons. Je ne connais pas M. Winnat et lui ne me connait pas non plus mais surtout ne connait pas mes chansons.

Certains amis m’ont demandé de lui répondre, d’autres, plus nombreux c’est sûr mais plus sages peut-être, me conseillent de laisser passer la polémique «ce n’es qu’un papier virtuel». Mais, comme vous tous, sur certaines questions comme celle-ci, nous demandons à avoir l’avis de nos amis pour finir par prendre la décision que nous croyons juste. J’ai donc décidé tout simplement de répondre.

Premièrement, je ne vois pas la motivation d’un intérêt porté sur une de mes chansons; sortie il y a plus d’une année et mise sur dailymotion depuis 24 mois, je veux dire que je ne rempli pas des zéniths, ni même des cafés théâtres de 50 places, je ne suis pas au top des ventes de CD je n’ai pas vraiment le poids pour changer ou influer sur la pensée d’une société ou sur le cours de son Histoire au regard de mon maigre succès qui ne fait pas de jaloux. Pourquoi donc, M. Winnat m’accuse à travers une de mes chansons de casser le morale des troupes kabyles mobilisées au front ou avec ses termes de «chanter la passivité, la démobilisation et l’inutilité de la lutte» !? Est-ce que ma chanson, dans cette conjoncture socioéconomique, avec tous les vrais problèmes que nous connaissons et avec tous les fléaux qui gangrènent la Kabylie, est de taille pour faire l’objet d’un article l’accusant de ralentir ou d’entraver le travail de nos élites et de nos partis politiques kabyles !? Non. Les vraies motivations de M. Winnat sont donc à chercher ailleurs.

A la lecture de ce qui a été dit sur le site, M. Winnat ne fait pas que critiquer une de mes chansons (tafsut taberkant), ce qui aurait été son droit je le confesse, si seulement il l’avait fait sans verser dans des jugements de valeurs sur mes talents d’artiste. Mais ce qui me pousse à répondre c’est de le voir, sans vraiment écouter mes 3 albums, me traiter d’«imitateur qui abuse des reprises et des adaptations qui, souvent, sont carrément des traductions, [je serai selon lui tout ça plutôt] qu’un artiste accompli». Ensuite de se permettre de me donner des conseils, vous savez, ce genre de conseils qui font émerger une espèce de chanteurs officiels … prisonniers d’idées, d’idéologies … à la solde d’un parti, d’un pouvoir ou d’un État … alors que j’ai une autre idée de la chanson que je souhaite faire. Je ne suis prisonnier que de ma liberté que je revendique ici ; celle de dire ce que j’ai envie de dire sans chercher à plaire à Winnat et ses amis et sans me soucier de vendre plus ou moins de disques. Désolé de vous décevoir M. Winnat je ne serai jamais le chanteur kabyle officiel dont vous rêvez. Je ne m’étalerai pas sur le sens de ma chanson «tafsut taberkant», qui vous dérange tellement, les auditeurs la comprennent bien et témoignent de ça en votant pour elle et en la mettant dans leurs favoris sur dailymotion.

Pour information, j’ai eu à composer deux textes sur le thème de la chanson «tafsut taberkant». Il fallait M. Winnat, prendre la peine de chercher sur Internet le plus d’informations possible sur votre «cible» pour écrire votre «article» comme le font les professionnels avant de vous lancer dans des jugements infondés sur mes talents et mes positions politiques. La première chanson sur ce qui s’est passée en Kabylie et qu’on appelle aujourd’hui «le printemps noir» est sortie en 2001/2002 dans mon premier album «Salupri» s’intitulait «tabratt n idammen», disponible à l’écoute sur Internet sur le site bgayet.net

Revenant un peu en arrière pour que vous sachiez que je ne suis pas étranger à ce que vous racontez dans votre papier. En 2001, j’étais étudiant en magistère de langue et Culture Amazighes et aussi membre actif avec Belaid Abrika, du Club Scientifique en Langue et Culture Amazighes. J’étais responsable et animateur d’un magazine entièrement rédigé en kabyle: Tira. J’étais aussi membre du comité de rédaction d’une revue d’études Amazighes qu’on a appelait Anadi. A l’éclatement des évènements après l’assassinat du jeune Guermah Massinissa dans les locaux d’une gendarmerie, j’ai été présent et mobilisé au sein de l’université de Tizi-Ouzou pour préparer un cadre et canaliser le mécontentement de la population et arrêter surtout l’assassinat de nos jeunes. Mais aussi ma présence avec une centaine d’étudiants était pour empêcher à ce qu’un groupe de je ne sais qui ne se laisse tenter par la volonté de brûler et de dégrader l’université de Tizi-Ouzou. Nous les avons repoussé plus d’une fois, des fois en plein nuit.

A l’époque j’étais aussi un habitué d’un studio d’enregistrement où, sans trop de sérieux, j’enregistrais des chansons pour le plaisir en espérant qu’un jour je fasse aboutir l’enregistrement de mon deuxième premier album.

Lors d’un week-end à Azazga je suis allé voir de mes propres yeux l’endroit où Ircham Kamal, un jeune des Ait Aissi à Yakouren, qui touché par balles, aurait, selon la version des présents, écrit avec son sang sur un mur le mot «Liberté» avant de succomber à ses blessures à l’hôpital. J’ai été profondément bouleversé de voir ce mot écrit avec du sang on distinguait même l’emprunte des doigts qui ont glissé sur le mur en marbre en écrivant les lettres du mot LIBERTE en majuscules. Rentré à l’université j’ai composé une chanson que j’ai tout de suite proposée à l’écoute à M. Ticilia avec qui je travaillais sur mon album. Nous avons décidé de la mettre sur bande. Un de mes amis artiste (Si Moh) m’a déconseillé de la chanter dans un album, il a dit qu’à ma place il attendrait au moins 5 ans avant de la sortir. Mais je ne l’ai pas écouté et la chanson est sortie avec l’album Salupri en 2001/2002 et j’ai tout de suite regretté sa sortie en l’écoutant avec un peu plus de recul. Il avait raison. Après cinq ans je n’ai pas que regretté de l’avoir chanté mais j’ai même composé «tafsut taberkant». Il faut écouter «Tabratt n idammen» pour comprendre pourquoi. Voir ici

Il faut que vous sachiez M. Winnat que pour moi l’année de l’Algérie en France ou un gala organisé par le FFS ou le RCD ou le MAK ou le FLN ou bien une émission organisée un mois de ramadhan ou un 20 avril ou un 5 juillet ou un 14 juillet ou aussi une fête organisée un noël ou un aïd … Pour moi, toutes ces occasions sont des occasions pour lesquelles je ne me bousculerai pas pour chanter sauf le jour où je le souhaiterai pour des raisons que j’ignore encore à présent ou tout simplement pour voir encore plus d’articles du genre que celui auquel je répond.

Je l’ai toujours dit pourtant, il n y a pas de Savoir dans ma chanson; ceux qui veulent acquérir un savoir quelconque n’ont qu’à fréquenter les bibliothèques et les écoles. Ma chanson ne changera pas le régime algérien, ne ramènera pas la liberté ou la démocratie, elle ne sauvera pas non plus notre identité … pour changer ou renverser le régime algérien mobilisez-vous dans des partis politiques si vous avez toujours confiance, constituez des groupes armés, faites des révolutions si vous croyez toujours que ça existe, sacrifiez-vous si vous voulez, manifestez, montez au maquis … mais ne me demandez pas de chanter pour vous l’ordonner ou même vous le suggérer. Pour sauver notre identité et nos langues et culture, écrivez, lisez plutôt les dizaines de romans et de poésie écrits en kabyle qui sortent chaque année et qui ne trouvent pas de lecteurs. Encouragez BRTV pour qu’elle s’améliore, écoutez les radios kabyles sur Internet …

N’attendez pas de moi des chansons qui galvanisent les foules comme le dit si bien l’ami du MAK que je remercie au passage d’avoir pris ma défense avec autant de talent …

Le jour où je composerai une chanson pour appeler mes semblables à affronter les balles pour se faire tuer ou prendre les armes pour tuer, je n’aurai probablement pas le temps de terminer sa composition parce que je serai déjà devant eux affrontant les balles, le fusil à la main. Mais pour l’instant, contrairement à vous M. Winnat, par honnêteté, vivant en France je n’oserai pas demander à mes semblables d’aller tuer ou se faire tuer. Comment chanter des idées pareilles alors que je vis loin de ma Kabylie. J’ai quitté la Kabylie 4 mois seulement après le déclenchement de « tafsut taberkant », je pouvais rester mais comme les milliers de kabyles j’ai fait le choix de partir et ce n’est pas à mes semblables que je cacherai mon soulagement de voir le bateau s’éloigner du port d’Alger vers Marseille. Alors par respect à l’intelligence de mes frères restés en Kabylie et par respect aux larmes des mères qui ont vu leurs enfants arrachés à la vie à la fleur de l’âge et par respect aux âmes des jeunes kabyles qui n’ont pas eu la chance d’avoir des visas comme nous, je ne ferai pas de chansons pour leur suggérer de mourir assassiné par des gendarmes. Je ne composerai pas de chansons pour faire monter l’adrénaline et glorifier la mort pour que ceux qui m’écoutent n’aient pas peur de l’affronter. Je ne composerai pas de chansons pour leur promettre le paradis et une place de martyr sur le marbre de l’Histoire pour que les futures générations retiennent leurs noms.

Vous savez, je n’écoute pas Brassens pour le plaisir de l’annoncer dans une interview et gagner quelques auditeurs ou pour paraître instruit, je l’écoute parce que ça me plait de l’entendre chanter « Le Jour du 14 juillet, Je reste dans mon lit douillet. La musique qui marche au pas, Cela ne me regarde pas ». Ou bien quand il dit : « Aucune idée sur terre n’est digne d’un trépas, il faut laisser ce rôle à ceux qui n’en ont pas ». Mais peut être que M. Winnat ne peut pas s’élever pour saisir la portée de cette sagesse ; celle de ne pas souhaiter la mort pour soi ni surtout pour les autres. Apparemment Winnat, lui, appelle ça « chanter la passivité ».

J’ai les moyens de composer et de faire des chansons sur mesure pour glorifier la JSK et le sang de (nos) martyrs et (nos) glorieux ancêtres (le « nos » déjà sonnerait comme un discours que je n’assume pas) mais si je ne le fais pas c’est parce que je m’interdis de ne pas penser ce que je dis et chante. Je ne considère pas la chanson comme une marchandise que je vends selon la demande. Je ne maitrise pas le double jeu des politiciens qui vous demandent de faire la révolution pendant qu’eux s’occupent de leurs enfants et de leurs petites carrières et sautent sur le premier poste qu’on leur propose dans les institutions officielles.

Je suis assez conscient pour comprendre que si la chanson a mobilisé à une certaine époque, de nos jours, avec l’aliénation culturelle, la mondialisation et la diversification des médias … la chanson n’est que du vent dans une flûte. Sinon comment expliquer qu’après les chansons d’Aït Menguellet, celles de Matoub, de Slimane Azem, de Ferhat, de Idir… nous, les kabyles, sommes toujours sous le joug du pouvoir algérien et nos printemps multicolores (noir, rouge …) ne nous laissent comme semblant de victoires que des dizaines de morts. Tout comme nos malheureux ancêtres (objet d’une chanson dans le 4e. album qui arrachera le sommeil à M. Winnat), nous sommes toujours impuissants, nos divisions s’accentuent et s’agrandissent de jour en jour et nous ne savons rien faire d’autre que de s’exiler au Canada, en France ou aux USA. Aujourd’hui, aucune chanson n’est censurée par le pouvoir algérien. Il n’a pas peur de nos chansons ni de la symbolique de la JSK (pour info les joueurs de la JSK et Hannachi ont assisté à la venue de Boutef à Tizi).

Alors M. Winnat, vous ferez mieux de jeter mes CD si vous les avez vraiment et de ne plus chercher à m’écouter (surtout le prochain) je ne changerai pas de trajectoire pour vous faire plaisir. Je serai toujours absent de vos plateaux télé le 20 avril. Le 20 avril, moi je le fête avec mes amis et nos familles, j’écoute Ferhat, Aït Menguellet, Matoub et Idir et je sors acheter ou même racheter un roman où un recueil de poésie en kabyle. Je serai absent de vos zéniths et sur les plateaux des Tv officielles. Mais néanmoins, je serai un kabyle soulagé parce que j’aurai dit encore une fois ce que je pensais tout en sachant que certains kabyles (dont M. Winnat) n’apprécieront pas. Mais je dormirai la conscience tranquille. Ma chanson, sans aucun doute, ne remplira pas des zéniths ni mes poches d’argent d’ailleurs, mais, du coup et ça me soulage, elle ne cautionnera aucune idée susceptible de remplir nos cimetières… de jeunes kabyles assassinés. Les générations futures qui se pencheront sur ce que nous leurs laisseront comme héritage ne trouveront pas ma guitare maculée de sang … sauf du mien peut être, si des gens comme Winnat, passent à l’acte pour me réduire au silence parce que je ne suis pas réglé à leur diapason. Je termine par ces vers de Lounis Aït Menguellet :

Wigi yettseggimen ccna / Ceux qui font de la belle chanson

Gher ldjiha-nnegh ad ten-id-nernu / Nous les mobiliserons à nos côtés

Ad sen-nini nettdafa / Nous leurs dirons que nous combattons

Ghef teqbaylit ad d-tehyu / Pour que ressuscite notre identité

Ad agh-id-âiwnen merra / Ils nous prêteront main forte

Kul yiwen ad d-yehdu asefru / Dédieront des poèmes à notre cause

Mi newwed s ayen i nebgha / Sitôt nos ambitions satisfaites

Ssut-nsen ad t-nemhu / Nous les réduirons au silence

Ula d afrux di lexla / Ce jour-là nous pourchasserons

Ad t-nssegged ma icennu / Même l’oiseau qui oserait ouvrir son bec pour chanter

Zimu

Via http://icare.bgayet.net