
L’attaque violente d’Israël contre la Flotille qui transportait de l’aide humanitaire à Gaza a choqué le monde entier.
Le détournement de navires dans les eaux internationales et l’assassinat de passagers constituent, bien sûr, un crime.
Mais le crime n’a rien de nouveau. Depuis des décennies, Israël détourne des bateaux entre Chypre et le Liban et tue ou enlève des passagers, et parfois les retient en otage dans des prisons israéliennes.
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MESSAGE DE Adlène MEDDI? DIRECTEUR DE LA PUBLICATION EL WATAN WEEK-END
« Bonsoir, Les services secrets algériens, c’est à dire le Département de Renseignements et de Sécurité (DRS), ont désactivé mon compte Facebook, ce soir 2 mai 2010, en violation de tous les pseudo-engagements onusiens de l’Algérie, avec l’aide de hackers recrutés pour les besoins des « services ». Plusieurs des membres de Bezzzef !, le groupe d’auteurs agitateurs, ont vu également leurs comptes désactivés.
Je dénonce ces interdis et réclame au commandement militaire et civil du pays de sanctionner les auteurs de ces exactions contre notre propre Constitution. »
Rassemblement à Paris: Le Collectif Tafsut 2010 dénonce la tentative de récupération du MAK
Le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie vient de commettre un communiqué de presse dans lequel nous pouvons lire: «Hier, en effet, à Paris, plus de 5000 personnes avaient répondu à notre appel. Le MAK tient à les féliciter pour leur mobilisation et leur adhésion à notre initiative».
Le Collectif Tafsut 2010 organisateur du rassemblement du 18 avril 2010 à Paris tient à rétablir la vérité. L’initiative de cette manifestation a été prise par une trentaine d’associations qui ont décidé d’agir de façon unitaire à l’occasion de ce trentième anniversaire d’avril 1980. Depuis dix mois, elles travaillent à la réussite de ce rassemblement avec le souci d’en faire un espace d’expression pour tous ceux qui le souhaitent.
Hier, lors du rassemblement, pas moins de seize intervenants (représentants d’associations, personnalités, artistes), venus des quatre coins de l’Hexagone, se sont exprimés sur la tribune.
Suite à la réussite de cette action, le MAK qui a rejoint le Collectif quelques mois après sa constitution, tente, depuis hier dimanche 18 avril, d’instrumentaliser et de récupérer le travail sincère d’associations et de militants venus préserver et poursuivre le combat initié par le Printemps 1980.
Le Collectif Tafsut 2010 à dénoncer ces manœuvres et cette grossière manipulation qui relèvent de pratiques qui n’honorent ni le MAK ni son président.
Paris, le 19 avril 2010.
MOHAND ISSAD. Avocat et président de la Commission nationale d’enquête sur les événements de Kabylie
● Y a-t-il eu des suites à votre rapport d’enquête sur les événements du Printemps noir ?
Le rapport que j’ai rédigé a permis aux autorités algériennes d’ouvrir des pistes pour leurs enquêtes et les suites à donner à ces affaires. Mais dans notre pays, il se trouve qu’il y a un déficit de transparence, donc je ne m’attendais pas à ce que ce travail de longue haleine ait de l’écho. Le rapport comporte deux aspects : civil – sur l’indemnisation des victimes – et pénal, qui concerne la poursuite pénale des auteurs et des commanditaires de ces crimes . A ma connaissance, les poursuites n’ont pas eu lieu, excepté dans le cas du gendarme Mestari , auteur de l’assassinat de Massinissa Guermah.
● Pourquoi, selon vous , n’ont-ils pas été jugés ?
Il y a un problème de volonté politique. Ce qui a retenu mon attention dans l’enquête, c’est que les responsables politiques n’ont évoqué que la légitime défense, mais ils n’ont pas expliqué ce qui a provoqué ces attroupements devant les casernes. Ils n’ont retenu qu’un aspect de l’affaire, c’est-à-dire les gens qui étaient devant les casernes, et menaçaient de les envahir. Ils n’ont pas envisagé la cause : l’affaire en amont, ce qui était provoqué par les gendarmes.
● Pensez-vous que les auteurs de ces assassinats seront jugés un jour ?
En tant que juriste, je dirai que toute infraction à la loi, toute bavure de cette nature – et ce n’est pas une bavure, c’est beaucoup plus grave que cela – doivent être sanctionnées. On ne pardonne pas le crime. Dans la législation pénale algérienne, on n’a pas encore introduit le crime de génocide, le crime contre l’humanité. Tant que ce n’est pas fait, je ne vois pas comment on pourrait rouvrir le dossier.
● Vous voulez dire qu’il n’y a aucun espoir de rendre justice aux victimes et à leurs familles ?
L’espoir ? L’espoir de quoi ? Il ne faut pas se faire d’illusion, l’affaire est assez sensible. C’est une affaire politique. Si on gratte dans le dossier du printemps noir, on peut aller très loin. Pour cette raison, les politiques pensent qu’il serait plus sage de tourner la page comme le cas des fusillades d’Oran et de Constantine en 1986. Ce sont des dossiers douloureux dans l’histoire de la nation. Les politiques ne sont pas près de les rouvrir.
● Certaines victimes arrivent à identifier les gendarmes qui leur ont tiré dessus, ils peuvent quand même saisir la justice, avec des preuves tangibles…
Les gendarmes ont deux arguments pour se défendre. Le premier est qu’ils ont reçu des ordres, et leur deuxième argument est la légitime défense. L’idéal serait de remonter jusqu’à celui qui a donné l’ordre de tirer ou jusqu’à ceux qui n’ont pas donné l’ordre de ne plus tirer. En tant que juriste, je souhaite que l’enquête
aille jusqu’au bout et qu’au bout, on trouve la solution . Mais politiquement, la sanction n’est pas possible, car cela amènerait à se pencher à nouveau sur les événements de 1988, les tueries de 1986 et à chaque fois que la troupe fut amenée à tirer sur la foule en colère.
● Quel regard portez-vous sur le printemps noir neuf ans après ?
C’est un remake de 1963, 1980 et 2001. Tant qu’il y aura des problèmes politiques, économiques et culturels en Kabylie, il y aura des soubresauts périodiquement, comme il y en aura ailleurs, pour d’autres raisons, à savoir le logement, le chômage, etc.
En Kabylie, à tous ces paramètres s’ajoute le problème culturel. Il faut dire que si on ne règle pas le problème culturel et politique en Kabylie, il y aura toujours des événements comme le printemps noir. Le problème en Kabylie n’est pas culturel, il est beaucoup plus profond que ça. Il est important aussi de savoir que les politiques jouent avec la Kabylie, et c’est leur rôle de manipuler. C’est à la Kabylie d’éviter le jeu de la manipulation. En tant que juriste et citoyen, je ne veux pas que les actes criminels demeurent impunis, et c’est valable pour 1988, et pour tous les abus de droits. Il ne faut pas enterrer les dossiers si on veut
construire un Etat de droit.
EW 16 avril 2010

Mesdames, Messieurs,
Nous, Algerian Users for Free Internet, procédons dès aujourd’hui au lancement de ce message pacifique à travers la toile algérienne.
L’objet de notre message est connu de tous : Nous exigeons des opérateurs des nouvelles technologies en Algérie un meilleur service d’accès à Internet ainsi qu’un meilleur comportement avec leurs clients dont nous faisons (et peut être vous faites) partie.
Nous demandons à Algérie Télécom, non pas d’offrir la lune, mais d’honorer ses engagements vis-à-vis de ses clients résidentiels et professionnels.
Les internautes-clients d’Algérie Télécom se voient attribuer des adresses IP dynamiques, qui dans la majorité des cas sont blacklistées (mises sur liste noire) sur différents serveurs RBL et DNSBL de par le monde. Se voir attribuer une adresse IP blacklistée, signifie que si l’on envoie un message électronique via un service mail tel que Google, il y a de fortes chances que ce mail soit filtré à l’arrivée et classé comme étant un spam par un autre opérateur de services mail. Ces mêmes adresses IP blacklistées sanctionnent des milliers d’utilisateurs et à cause d’elles, les internautes algériens ne peuvent accéder à certains sites et/ou services banals sur Internet.
L’opérateur Mobilis, filiale d’Algérie Télécom, se permet de faire transiter intégralement sa clientèle via, seulement et uniquement, deux adresses IP publiques blacklistées (213.140.59.45 et 213.140.59.46) dans un réseau NATé au préalable !
L’opérateur Nedjma possède et met à la disposition de sa clientèle des plages d’adresses IP dont la majorité est blacklistée et les utilisateurs qui se voient assignés une IP xxx.nedjma.dz sont considérés comme des clients localisés en Turquie au lieu de l’Algérie.
Ces mêmes IP donnent une très mauvaise image du réseau national algérien et du type de routage et de configuration vu de l’extérieur.
Ajouter aux IP blacklistées et dynamiques ellah ibarek, un autre problème technique : Fermeture de ports qui perdure depuis plusieurs années, chose que beaucoup d’utilisateurs trouvent handicapant, que ce soit pour faire tourner et/ou se connecter à divers services même en intra-réseau national (Jeux, VoIP etc …).
Avoir une adresse IP blacklistée par le reste des opérateurs mondiaux, c’est comme si on avait un numéro de téléphone qui ne sert à rien puisque, de toute façon, on figure sur la liste noire des appelants indésirables !
Certains opérateurs de téléphonie mobile se sont lancés dans le haut-débit mobile qui n’en est rien du tout en soi. Nous demandons à l’A.R.P.T de vérifier avec chaque opérateur fournissant des services d’accès à Internet, la véracité entre la publicité et l’offre technique réelle sur le marché, car certains opérateurs nous vendent du vent dans le tuyau sans que nous recevions le moindre octet dans le robinet. Chaque fournisseur d’accès à Internet doit rendre des comptes que ce soit à l’A.R.P.T ou mieux encore, à ses clients.
Si l’Internet algérien va dans le sens où toute l’infrastructure serait gérée selon le modèle chinois, nous craignons fort que ce soit de l’importation pure et simple du modèle du “Grand pare-feu chinois de l’Internet” et que nous nous dirigeons inéluctablement vers un Internet plutôt intra-censuré.
Des centaines de milliers de réclamations ont été adressées à Algérie Télécom et ses filiales sans que celles-ci ne bougent d’un iota.
C’est pour cela que nous vous demandons avec toute diplomatie d’améliorer les choses le plus vite possible avant que ce ne soit trop tard et ce pour le bien de l’économie nationale algérienne mais qui sera aussi bénéfique pour les utilisateurs finaux.
Cordialement,
Algerian Users For Free Internet
Via Freefoxtv.net
Face à une crise sociale qui s’installe dans la durée, face à une chute réelle du pouvoir d’achat, les Algériens demandent une amélioration de leurs conditions de vie et un partage équitable des richesses du pays. Plus de 60% de nos concitoyens, les pauvres, les retraités, les travailleurs, les couches moyennes, ont des fins de mois difficiles. L’Algérie est divisée entre ceux qui souffrent de la faim et ceux qui souffrent d’indigestion.
Le refus est incompréhensible, inacceptable, intolérable. Il y a dérapage du ministre de l’Intérieur sur la question des libertés et des droits de l’homme. La méthode inquisitoire qui place la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) dans son collimateur est une intrusion dans la vie associative pour l’instrumentaliser et la mettre sous tutelle. La grande ligne de démarcation est celle qui sépare les associations sécrétées par le pouvoir et encouragées par lui, dociles baudruches flasques et sans contenu qui se réduisent à des appareils vivant en vase clos lui servant de courroie de transmission, et la LADDH, ligue indépendante, souveraine dans ses décisions et ses orientations.
La LADDH, un contre-pouvoir nécessaire
Le ministre de l’Intérieur s’est acharné contre la LADDH durant la décennie écoulée, a tenu ses dirigeants sous surveillance policière permanente, a traqué ses militants dont l’objectif principal est d’ouvrir un boulevard des droits de l’homme aux Algériens. Cette atteinte à la dignité humaine que la Ligue ne cesse de proclamer, de défendre, de protéger davantage, est une valeur universelle. Il resserre son étau sur les forces de contestation, veut faire accréditer l’idée que ceux qui ne s’intègrent pas dans les clans du pouvoir et ne véhiculent pas le discours officiel, n’ont pas droit de cité dans ce pays. Mais il ne parviendra pas à mettre entre parenthèses la LADDH qui défend la liberté et la justice qui sont les fondements de la vie sociale.
Lorsqu’une tyrannie pénètre jusqu’aux tréfonds de l’esprit, du cœur et de la conscience des militants des droits de l’homme qui luttent contre le despotisme et l’injustice, elle entre dans l’univers intolérable de l’arbitraire. Le totalitarisme, avec son machiavélisme politique confinant à l’intransigeance et à l’intolérance, c’est-à-dire la négation des libertés – ce qui engendre l’obéissance et la soumission par la peur – a fait surgir des profondeurs de la nation humiliée, après une décennie d’un etat policier omniprésent et omnipotent qui a dépouillé le peuple de ses droits, un immense besoin de démocratie, de liberté et de justice. Il y a beaucoup d’émotion, d’indignation et de colère qui chauffent les esprits et les cœurs des militants de la LADDH mobilisés pour assurer le succès de leur 3e congrès.
Ils réaffirment leur volonté d’exercer un contre-pouvoir sur le plan des libertés, de toutes les libertés. La démocratie, c’est la séparation et l’équilibre des pouvoirs, et la présence de contre-pouvoirs. Et qui dit contre-pouvoir, dit qu’il va falloir sortir du politiquement correct. Les droits pour tous et pour chacun, il faut les inscrire dans les faits de manière tranquille, mais résolue et déterminée. Le peuple algérien, absent de la scène politique, est réduit au rôle de spectateur alors que la vie n’est pas un spectacle.
Le ministère de l’Intérieur : Une « machine de guerre »
Les militants de la LADDH, scandalisés, choqués, indignés par cette machine de guerre que représente le ministère de l’Intérieur qui refuse d’ouvrir le jeu politique à toutes les voix discordantes, affirment leur détermination à ne pas être réduits au silence et expriment leur volonté de défendre tout ce qui est politique, économique, social et culturel conformément à la doctrine des droits de l’homme. Enfermer l’Algérie dans un corset de fer est une erreur vite payée par l’éclatement de l’armature elle-même. Cette exclusion va certainement produire des effets opposés à ceux attendus par le ministère de l’Intérieur et renforcera la position de la Ligue qui poursuivra ses activités avec calme, précision et fermeté.
La LADDH attire l’attention de l’opinion politique nationale et internationale qui est le stade suprême de la démocratie sur cet abus de pouvoir qui est un procédé atypique de la pensée unique. Chacun/chacune doit sortir de sa réserve et, au nom de la responsabilité à laquelle il/elle ne peut se dérober, parler, écrire et dénoncer. La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme ne souffre d’aucun problème interne. Le deuxième congrès, qui s’est tenu à Boumerdès les 22 et 23 septembre 2005, a retenu, après un débat contradictoire sanctionné par un vote, que le président ne serait pas élu par le congrès. Ce dernier a élu un conseil national de 41 membres, seul souverain entre deux congrès, et le conseil a désigné à son tour un comité directeur de 9 membres qui, après répartition des tâches en son sein, a désigné le président de la Ligue.
La LADDH a fait face à un problème qu’elle a tranché sur-le-champ par l’application de ses statuts. Le conseil national, réuni en session extraordinaire, a remplacé le président de la Ligue par Me Mustapha Bouchachi à une majorité de plus des trois quarts de ses membres. Ceux qui ont suivi l’ex-président se comptent sur les doigts d’une main. Le sujet est clos. L’opinion publique a vu s’étaler à travers quelques journaux, et de façon cynique, l’injure, le mensonge et les contrevérités d’un personnage qui demande au pouvoir de ne pas autoriser la tenue du 3e congrès de la LADDH. François Mitterrand écrivait : « Sur le chemin de la trahison, il n’y a que le fleuve de la honte à traverser ».
Une politique d’un autre âge
Le ministre de l’Intérieur a fait revivre le temps de la colonisation qu’il garde dans sa tête. Si le colonialisme français n’a pas compris que l’Algérie de 1930 – un centenaire a célébré avec faste – n’est pas l’Algérie de 1937, de 1945, de 1948, encore moins celle de 1954, lui n’a pas compris que l’Algérie de 2010 n’est pas celle de 1962, de 1980, de 1990 ni de 1999. Cette politique est celle d’un autre âge, appliquée à une autre société. Combien de fois faut-il commettre les mêmes fautes sans tenir compte des leçons de l’histoire ? Le ministre de l’Intérieur est un produit du système politique issu de la guerre de Libération nationale qui s’est métamorphosé en force d’oppression, toujours prêt à rétablir l’ordre des prisons et la paix des cimetières. Il est arrivé au pouvoir par les urnes le 15 avril 1999 et a justifié sa volonté de pérenniser cette domination par le coup d’Etat constitutionnel de novembre 2008.
Le sentiment d’être indispensable et irremplaçable est inhérent à toute fonction d’autorité. Il domine le peuple algérien comme a voulu le faire un proconsul romain en Numidie il y a 22 siècles et demi. Il ne connaît pas bien ce pays, en définitive ; un pays qu’il n’a pas pris le temps d’apprendre par ses racines, son histoire, sa culture, ses langues. 11 ans à la tête du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales permet de porter un jugement sur sa politique. Mettre en relief l’intégralité de ses propos maladroits serait une œuvre gigantesque qui intéresserait une thèse de doctorat. Quand il improvise, il ne sait pas éviter les dérapages et les excès de ton. Un peu de sobriété serait davantage en accord avec les exigences de sa fonction. De tels propos ne méritent ni attention ni considération. Je me contenterai d’en énumérer quatre.
Le ministre de l’Intérieur porte la responsabilité d’avoir fait tirer à balles réelles en avril, mai et juin 2001, sur les manifestants de Kabylie, faisant 128 morts, des centaines de handicapés à vie et des milliers de blessés. Il a présenté le jeune lycéen de 18 ans, Guermah Massinissa, assassiné le 18 avril 2001 par le gendarme Mestari Merabet à l’intérieur de la gendarmerie de Béni Douala, comme un délinquant de 26 ans. Il ne se voit pas annoncer une autre victoire que celle de son ami Bouteflika. Il a déclaré qu’il « ne signerait jamais l’agrément du parti Wafa ».
Son devoir n’est pas d’avoir des états d’âme, de ne rien concevoir en dehors de ses propres idées, de se placer au-dessus des lois et de faire la loi. Son devoir est d’appliquer la loi, seulement la loi, toute la loi. Pour le ministre de l’Intérieur : « L’assassinat du directeur général de la DGSN Ali Tounsi est une affaire de deux personnes, un crime sans témoins. » La réplique de la famille du défunt est toute de dignité : « Il est affirmé à travers toute la presse que le crime a été commis sans témoins, et qu’il s’agit d’un problème personnel. Contrairement à ces informations infondées, le défunt a été assassiné froidement, lâchement et en toute conscience dans son bureau. »
Ceux qui souffrent de faim et ceux qui souffrent d’indigestion
L’année 2010, qui est à la fois celle de tous les dangers et celle de tous les espoirs, est chargée en événements graves qui secouent le pays dans ses profondeurs, et dont les conséquences sont à venir. Le régime politique traverse l’épreuve la plus dure depuis son installation par la violence en 1962, et certains indices montrent qu’il est à bout de souffle, en phase finale, en fin de règne. Les clans du pouvoir ont éclaté. Parviendront-ils comme d’habitude à se remettre en ordre, ou bien la rupture est-elle trop profonde et nécessite une opération chirurgicale ? Quand le pouvoir n’est pas l’émanation et l’incarnation des gouvernés, il gouverne mal.
Le clanisme n’est qu’une autre facette du tribalisme. Il ne reconnaît que les intérêts de ses membres. Une atmosphère de méfiance, de déception, de peur s’installe dans le pays. La société est figée, bloquée. Elle a besoin d’être remise en marche. Les Algériens s’interrogent sur leur proche avenir à un moment où chacun se dit qu’une grande échéance est proche, que des ruptures à coup sûr, peut-être une redistribution des rôles, sont imminentes et inévitables.
Le sentiment nationaliste et patriotique est utilisé en toutes circonstances par le pouvoir comme forme de mobilisation pour souder la communauté nationale et faire oublier les accumulations de ses fautes de gestion et ses erreurs politiques. Il est temps pour le régime de réaliser que la manière totalitaire de gouverner le pays est devenue anachronique, que la doctrine de la sécurité nationale qui implique le contrôle permanent de la société par les services de sécurité qui ont l’œil à tout, qui dirigent le destin des Algériens de la naissance à la mort, ne fait qu’aggraver la dégradation politique et morale des institutions du pays. A la fin de sa visite à Cuba, Gorbatchev dit à Fidel Castro : « Il faut changer tout ce qui a été fait avant. » La réponse de Fidel Castro était : « C’est moi qui étais déjà avant. »
L’enjeu social trop négligé devient un enjeu politique. Les syndicats autonomes bénéficient de la légitimité sociale. Face à une crise sociale qui s’installe dans la durée, face à une chute réelle du pouvoir d’achat, les Algériens demandent une amélioration de leurs conditions de vie et un partage équitable des richesses du pays. Plus de 60% de nos concitoyens, les pauvres, les retraités, les travailleurs, les couches moyennes, ont des fins de mois difficiles. L’Algérie est divisée entre ceux qui souffrent de la faim et ceux qui souffrent d’indigestion. Le travail définit la condition humaine, notamment le droit à la liberté syndicale et l’adhésion libre sans que les réunions syndicales et autres ne soient prohibées, et les manifestations publiques brutalement réprimées. La corruption est chronique.
La manne pétrolière qui est le sang et la liberté du peuple, multiplie les corrupteurs et les corrompus. Elle défie l’imagination, est devenue un mode de vie et de gouvernement, va du vol pur et simple aux contrats bidon, aux surfacturations et aux grands brigandages financiers. Il faut barrer la route à ceux qui ont pillé le pays et s’apprêtent à le faire encore davantage, et freiner des quatre fers la course individuelle à l’enrichissement illicite.
Me A. Y. A : Président de la LADDH
Après avoir dénoncé la semaine dernière « l’interruption arbitraire de transmission satellitaire », Radio Kalima est toujours en ligne. Les explications de son directeur.
● Vous avez déclaré que Radio Kalima était censurée. Comment en êtes-vous arrivé à cette conclusion ?
Le mardi 16, des internautes en Algérie nous ont contactés pour nous dire qu’ils n’arrivaient pas à se connecter. On a pensé à un problème technique. Nous avons vérifié
mais il n’y en avait aucun. Pendant ce temps, les lecteurs, de plus en plus nombreux, continuaient à nous contacter. Alors, nous avons trouvé la solution du proxy, un site hébergeur qui permettait indirectement d’accéder au site. Le lendemain vers midi, les filtres étaient installés à peu près partout, l’accès était bloqué dans tout le pays. Pour ce qui est du satellite, notre provider nous a informés. La société Eutelsat (propriétaire de Hotbird) avait bloqué la diffusion.
● Quelle est, selon vous, la raison de cette censure ?
Il y a d’abord l’idée que se fait le pouvoir algérien de l’information. Pour lui, l’information n’est pas au service du citoyen, de son épanouissement. Elle n’est qu’un
outil de propagande. Le pouvoir ne supporte pas l’idée que les citoyens puissent accéder à des informations qu’il ne contrôle pas. Une réaction typique des régimes autoritaires qui craignent leur peuple. Ils ne peuvent pas transformer l’Algérie en un énorme bunker ou rien n’entrerait. A l’heure d’Internet, c’est impossible.
● Mais beaucoup reçoivent encore Kalima, comment expliquez-vous cela ?
Beaucoup de gens ne peuvent y accéder et utilisent des proxys. On a remarqué qu’un très petit nombre arrivait encore à se connecter directement. Nous n’avons pas d’explication. Peut-être qu’ils ne maîtrisent pas encore les équipements ou que les filtres n’ont pas été mis partout.
● Le soutien des Algériens sur le net vous a-t-il touché ?
Oui, c’est la preuve que les Algériens comme les autres, notamment les jeunes, se sont appropriés cet outil. C’est un espace de liberté et ils ne comprennent pas que l’on
veuille leur interdire ce qu’ils ont envie de lire, d’écouter, de regarder. Au-delà du cas de Radio Kalima, cette logique de censure, d’enfermement est insupportable. Si on
accepte que le pouvoir verrouille également Internet, ce qui semble très difficile à faire, alors on accepte de lui reconnaître d’être en quelque sorte notre propre conscience.
● Beaucoup pensent que ce n’est qu’un coup de pub pour votre site. Que répondez-vous ?
J’ai entendu parler de ces rumeurs, colportées par des auxiliaires des services de renseignements. Benchicou se serait censuré lui-même, l’auteur de Poutakhine également, le site rachad.org aussi. C’est un procédé minable de basse police, aussi minable que le régime qui gouverne l’Algérie. Ils ne sont même pas capables d’assumer leurs décisions. A les entendre, j’aurai demandé au DG d’Eutelsat de couper la liaison satellitaire pour me faire de la pub. Et bien sûr, ce charmant
monsieur aurait accepté. Loufoque ! Cette mesure idiote ternit l’image de l’Algérie. ■
El Watan Week End – 26 03 2010
Depuis la matinée du mardi 16 mars, le site radio kalima Algerie est devenu inaccessible pour de nombreuses régions en Algérie, notamment les centres urbains.
A la maison de la presse Tahar Djaout à Alger, la connexion était impossible l’après midi et la soirée de mardi, mais ô miracle, les journalistes pouvaient à nouveau se connecter le mercredi en fin de matinée. Dans d’autres quartiers de la capitale, comme El-Mouradia, Hydra, El-Biar, les citoyens ne peuvent toujours pas accéder à notre site depuis mardi matin. C’est également le cas pour d’autres villes à l’intérieur du pays. Nous avons demandé à nos compatriotes qui nous ont contacté d’utiliser des proxy pour vérifier s’il s’agissait bien d’une censure. Et là ça a marché. Les autorités algériennes sont donc en train de placer des filtres pour interdire aux Algériens d’accéder aux sites internet d’informations qui visiblement ne conviennent pas à ces mêmes autorités. Et de toute évidence, Radio Kalima, ne leur convient pas.
Au delà de notre cas, c’est la problématique de la censure qui se pose.
Comment accepter que des barbouzes, plus habiles à jouer du revolver et des ciseaux que de la plume, puissent décider de priver les algériens de l’accès à des sites d’information sur internet. Fort de leur inculture, les voila qu’ils retiennent en otage tout un peuple dans leur propre ignorance et décident de ce que les Algériens peuvent lire ou écouter.
Que craignent ils donc? Que nous ne dévoilions leurs pratiques de rapines? Que les Algériens se rendent comptent que ceux qui les gouvernent n’ont pas pour principale préoccupation les intérêts de l’Algérie mais le pillage de ses richesses?
Yahia Bounouar
Rejoindre le groupe Facebook dédié à cette censure https://www.facebook.com/group.php?gid=365460067223
Signer la pétition « Contre la censure de l’Internet en Algérie http://gopetition.com/petitions/no-to-internet-censorship-in-algeria/sign.html
Un gars se fait construire une taverne juste en face d’un cimetière. Pour faire sa publicité, il place une enseigne disant :
« Quoi que l’on dise ou quoi que l’on fasse, on est bien mieux ici qu’en face ».
Voyant cela, le curé place lui aussi une enseigne à l’entrée du cimetière.On pouvait y lire :
« Quoi que l’on dise ou quoi que l’on fasse, tous ceux qui sont ici, viennent d’en face ».
Le 12 mars 2010, Reporters sans frontières célébrera la Journée mondiale contre la cyber-censure. Cette journée est destinée à mobiliser chacun d’entre nous en soutien à un seul Internet, libre et accessible à tous. Et de rappeler qu’en créant de nouveaux espaces d’échanges d’idées et d’informations, le Net est aussi un vecteur de libertés. Cependant, de plus en plus de gouvernements l’ont compris et réagissent en tentant de contrôler la Toile.
À cette occasion, Reporters sans frontières publiera sa nouvelle liste des « Ennemis d’Internet ». Ce rapport montre du doigt les principaux pays qui restreignent l’accès de leurs citoyens à Internet, et harcèlent les net-citoyens, de l’Iran à la Chine en passant par l’Arabie saoudite, le Viêt-nam ou la Tunisie. Une liste de pays « sous surveillance », dont l’attitude vis-à-vis du Net suscite une certaine inquiétude, sera également rendue publique.
À la veille de la Journée mondiale contre la cyber-censure, Reporters sans frontières décernera, le 11 mars 2010 à 19 heures, le premier « Prix du Net-citoyen » avec le soutien de Google. Ce prix récompensera un internaute, blogueur ou cyberdissident qui s’est illustré par ses activités de défense de la liberté d’expression sur le Net. La cérémonie se tiendra dans les locaux de Google France, à Paris.
Enfin, Reporters sans frontières a conçu un pictogramme afin de symboliser la défense de la liberté d’expression sur Internet. Le dessin représente une souris d’ordinateur se libérant de ses chaînes. Ce picto est téléchargeable gratuitement et disponible en plusieurs couleurs afin de pouvoir s’intégrer en un clic. Vous souhaitez manifester votre soutien à la Journée mondiale contre la cyber-censure ? Vous désirez défendre un Internet libre et accessible à tous ? N’hésitez pas à télécharger le pictogramme pour l’afficher sur votre site internet, votre blog ou en signature de vos messages électroniques.